Taoufik Makhloufi
L'athlète algérien Taoufik Makhloufi (à droite) | FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP

L'athlète algérien Makhloufi exclu puis réintégré

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Après une journée d'agitation, l'affaire Makhloufi a connu son dénouement. Un temps exclu des JO, l'algérien Taoufik Makhloufi a été réintégré en vue de la finale du 1.500 m des Jeux olympiques de Londres, quelques heures après son exclusion pour manque de combativité en série du 800 m.

"Après avoir pris en compte le certificat du médecin du comité d'organisation, la disqualification (de Taoufik Makhloufi) de toute compétition d'athlétisme (...) a été annulée", a fait savoir la fédération dans un communiqué.  Makhloufi, qui avait remporté dimanche sa demi-finale du 1.500m, avait été contraint de participer au 800m contre son gré parce que sa fédération ne l'avait pas retiré de la course. Voilà la fin d'une affaire ubuesque. 

Engagé sur 1500 m dont il est l'un des favoris et sur 800, il n'a pas tenté de rivaliser avec ses adversaires au départ de sa série, était déjà très en retard dans la ligne droite opposée puis a cessé de courir et est reparti en arrière vers le sautoir à la perche. Le coureur voulait préserver ses ressources physiques et ne voulait pas s'engager sur 800. Sa Fédération l'a inscrit sur les deux distances alors que le coureur ne voulait pas. Faut-il sanctionner les calculs des sportifs? Le CIO l'a déjà fait en excluant les joueuses de Badminton chinoises pour avoir fait exprès de perdre et  choisir ainsi leur adversaire ensuite.

"Non-combativité"

Pour autant, le CIO n'a pris aucune mesure contre l'équipe britannique de vitesse qui a simulé un incident mécanique et une chute pour refaire le départ en qualification avant d'avouer ensuite la tricherie ou le bateau d'aviron, britannique, qui a une panne subite en finale après avoir manqué son départs. La première a remporté l'or, le second l'argent. Mais le CIO n'a rien eu à redire alors que les faits sont bien plus graves que ceux reprochés à Makhloufi. 

Après avoir sanctionné son attitude en raison d'un obscur article 142 pour non-combativité, l'IAAF avait précisé qu'il pourrait être réintégré en finale du 1.500 m, mardi, s'il pouvait présenter un certificat médical signé par un praticien pour justifier son refus de courir le 800m. C'est chose faite. Heureusement pour la crédibilité du sport et de l'éthique, l'affaire est close.  

Mathieu Baratas