Jason Lamy Chappuis et Vincent Defrasne
Vincent Defrasne, chef de file des Bleus à Vancouvert, a transmis le drapeau à Jason Lamy-Chappuis. | DPPI - PHILIPPE MILLEREAU

Lamy Chappuis, le choix de l'évidence

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La nomination de Jason Lamy-Chappuis comme porte-drapeau a été saluée par le clan français. De Julien Lizeroux à Alexis Pinturault en passant par la jeune Coline Mattel, les tricolores ont mis en avant les résultats et la personnalité de leur nouveau chef de file.

"Je ne pense que je ne le serai pas" a rigolé Brian Joubert. Lundi matin au CNOSF à Paris, le patineur avait le sourire, il est dans la short-list pour être porte-drapeau, mais il n’y croit pas. "Avec ma phrase de 2010, je suis cramé ("putain de Jeux Olympiques de m…., j’y arriverai pas", après son programme court à Vancouver), mais c’est un honneur d’être dans les trois". Joubert savait sûrement au fond de lui qu’il n’était qu’un outsider face au grandissime favori, Jason Lamy-Chappuis. Une nomination qui n’a surpris personne et qui fait l’unanimité. Certes, il n’aurait pas été de bon ton d’exprimer des dissensions au moment où la France se mettait en ordre de marche au CNOSF ce lundi à 116 jours de Sotchi, mais Lamy Chappuis plaît. Lamy Chappuis rassemble.

Parce qu’il est champion olympique en titre et parce que sa personnalité séduit. Ophélie David, l’autre nommée dans la short-list, ne disait pas autre chose au moment de réagir à la nomination du franco-américain. "Je suis contente, j’avais cité son nom quand on m’avait demandé, donc mon vœux s’est réalisé", souriait la skieuse. Fair-play, mais aussi déçue. Elle a aussi avoué qu’elle se serait bien vue en tête de la délégation. "Quand on m’a demandé si j’étais prête à l’être au cas où, je m’y suis vu et je trouvais ça génial", a reconnu la championne du monde de skicross (2007). Elle vivra donc la cérémonie d’ouverture dans le cortège bleu à la tête duquel "Jason devrait vivre de supers moments", s’est-elle réjouit.

Un palmarès qui parle pour lui

Celle qui est tombée en quarts de finale aux JO 2010 était la favorite de Julien Lizeroux, le grand blessé de ces deux dernières années qui espère voir Sotchi. "J’avais misé sur elle, c’est la maman de l’équipe de France olympique. C’était bien aussi de mettre en avant une discipline moins médiatisée. Ca aurait été une récompense pour son palmarès. Elle aurait été une très, très bonne ambassadrice", a déclaré le double vice-champion du monde 2009. Et son avis sur l’heureux élu ? "Se reporter sur Jason, c’est pas ce qui pouvait nous arriver de pire", sourit-il. "Il représente dignement les valeurs du sport français, de par son palmarès – il est quand même quadruple champion du monde et champion olympique – et de par sa personnalité. C’est quelqu’un d’adorable, qui est très accessible". Alexis Pinturault lui aussi salue l’un "des plus beaux palmarès du ski français" et sait que la France "sera bien représentée à Sotchi".

Reste maintenant à lui d’assumer ce nouveau statut et d’aller chercher un deuxième titre olympique quatre ans après Vancouver. Une performance dont ne doute pas la jeune Coline Mattel, dans un lapsus rafraichissant du haut de ses 17 ans : "C’est très logique, je connais moins les autres nommés, mais Jason avant même qu’il soit désigné champion olymp… porte-drapeau". "Il sera champion olympique, reprend-elle, mais avec ses résultats, sa personnalité, il correspond tout à fait à l’image que je me fais d’un porte-drapeau". Le CNOSF lui a donc fait cet honneur, à lui d’imiter celui qui l’a fait rêver quand il était enfant, Fabrice Guy, porte-drapeau à Albertville qui était allé chercher le titre olympique en combiné nordique.

Lamy Chappuis : "une grande fierté"

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