La protection des Français à Sotchi

La protection des Français à Sotchi

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Alors que des dizaines de milliers de policiers et militaires russes sont mobilisés pour sécuriser les Jeux de Sotchi, la France ne laissera rien au hasard: des agents du RAID, du GIGN et de la DGSE seront également déployés à Sotchi pour assurer la sécurité rapprochée des athlètes et des autres membres de la délégation française, et coordonner leur action à celle des autorités russes. Sur fond de menaces terroristes répétées de la part d'insurgés du Caucase, "nous sommes conscients des inquiètudes, et la France a donc déployé des mesures additionnelles" a précisé mardi le ministère des Sports à francetvsport.fr.

Un dispositif sécuritaire exceptionnel

Comme c'est l'usage pour ce type d'évènements, les services de sécurité français ont déjà mené plusieurs missions exploratoires sur le terrain ces derniers mois, "pour évaluer les dispositifs de sécurité mis en place par les autorités" locales, et préparer leur propre mission sur place, malgré "un niveau de sécurité des JO jamais atteint auparavant" selon leurs experts. Outre leurs policiers et militaires -- 37.000 officiellement, près de 100.000 si l'on en croit Michael McCaul, un membre de la chambre des Représentants américains en visite sur place lundi -- les Russes ont mis en place un gigantesque dispositif de surveillance électronique sur terre, sur mer, et dans les airs. Il  comporte notamment  5.500 caméras, des radars de détection sous-marine, une flotte de drones, et des équipements permettant l'interception de la totalité des communications échangées dans la zone de Sotchi pendant les jeux.

Un dispositif à la hauteur de la menace qui pèse sur la station balnéaire des bords de la mer Noire, plantée au cœur d'une zone de forte instabilité: des islamistes du Caucase ont diffusé le 20 janvier une vidéo promettant des attentats pendant les Jeux, relançant les craintes soulevées par les deux attentats qui ont fait 34 morts fin décembre à Volvograd (ex-Stalingrad), à 700 km de Sotchi.

La plupart des grandes nations mobilisent des moyens spécifiques pour protéger leur délégation. Plus d'une vingtaine d'agents du FBI sont ainsi déjà arrivés à Sotchi pour veiller sur la délégation américaine -- la plus importante de l'histoire des jeux d'Hiver avec  230 athlètes -- et il devraient être une cinquantaine à l'ouverture des Jeux le 7 février.

Le Club France sous surveillance

Côté français, on ignore combien d'agents sont mobilisés sur place, mais l'opération est préparée de longue date par les ministères de l'Intérieur, de la Défense et le Quai d'Orsay. Les Français ont aussi participé activement aux instances de coordination sécuritaire qui rassemblent les services russes et étrangers concernés.   
Les supporters français qui feront le déplacement en Russie seront également chapeautés, en cas de besoin, par du personnel de l'ambassade de France en Russie. Un lieu de rassemblement comme le Club France, où se retrouvent athlètes, encadrants, journalistes et supporters, sera surveillé de près par les policiers et gendarmes d'élite du RAID et du GIGN.

Pour l'heure, les autorités françaises sont suffisamment confiantes pour ne pas décourager les touristes et supporters de faire le voyage: pas d'alerte dans les conseils aux voyageurs dispensés par le site du Quai d'Orsay, mais simplement un rappel des attentats de Volvograd, et des formalités à accomplir pour se rendre à Sotchi. Une suggestion toutefois au chapitre des "manifestations",  celle "de faire montre de retenue dans l'expression de ses convictions personnelles", suite au décret présidentiel de Vladimir Poutine interdisant toute manifestation près des sites olympiques.

David Botbol