Soctchi, Poutine
Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie. | AFP - Alexsey Druginyn / RIA NOVOSTI

La presse surveillée à Sotchi

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D’après le Guardian, les autorités russes ont planifié l’aménagement d’un dispositif de contrôle drastique des communications téléphoniques et Internet, afin de placer sous haute surveillance les Jeux Olympique d’Hiver de Sotchi qui débuteront en février 2014.

C’est, selon le Guardian, une première dans l’histoire des Jeux Olympiques. Le quotidien britannique a révélé mardi que deux journalistes russes, Andrei Soldatov et Ines Borogan, avait mis la main sur des appels d’offres lancés par les compagnies téléphoniques chargées d’équiper les JO de Sotchi. Selon les deux journalistes, la mise en place de ce nouveau système de censure permettra au FSB (les services secrets russes) d’intercepter les communications téléphoniques ou internet (mails, chats) dans le cas où des mots jugés « sensibles » y seraient prononcés ou écrits.

Aucun lien avec les menaces terroristes mentionné

«Par exemple, si quelqu'un utilise le mot “Navalny”, il sera possible de savoir qui l'emploie et dans quelle région», explique Andreï Soldatov. En l’occurrence, la prononciation du nom d’Alexei Navalny, l’un des opposants russes les plus médiatisés du pays, rentrerait clairement dans la catégorie des mots jugés « sensibles ». Mais comment justifier la mise en place d’un tel dispositif ? Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l'Est et Asie centrale de Reporters Sans Frontières, a analysé pour Le Monde les implications des révélations du Guardian. Et tenez vous bien : il semblerait qu’il ne concerne en rien les menaces d’attentats terroristes qui planent sur les Jo de Sotchi : « C'est une suspension d'une liberté fondamentale garantie dans la Constitution qui ne concerne en rien le terrorisme. Cette décision ne relève pas, en outre, des prérogatives du président russe, selon des juristes. Il y a la crainte des autorités que des militants, de la cause homosexuelle ou écologique, par exemple, ne profitent de la présence des journalistes pour promouvoir leur cause ».

Une explication validée dans les faits par la publication d’un décret officiel le 23 Aout dernier, qui stipule « l’interdiction de tout rassemblement ou toute manifestation » pendant les JO d’hiver de Sotchi.
 

Jean Charbon