Lutte
- | AFP - MARWAN NAAMANI

La lutte finale

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L’avenir d’un sport ancestral sera en jeu dimanche à Buenos Aires, et les Dieux de l’Olympe sont d’ores et déjà sur leurs gardes. Le Comité international olympique indiquera en effet si la lutte sera retenue pour les Jeux olympiques de 2020 de Tokyo, ou si celle-ci sera remplacée par le squash ou le baseball/softball.

Difficile d’envisager des JO sans la lutte, qui dès le début des JO modernes en 1896 –avec la lutte gréco-romaine, avait pris place intégrante dans le paysage olympique. Ce sport noble, sans fioriture, qui met en valeur la seule force du corps humain, a fini par souffrir d’une image jugée un peu ringarde. Au fil du temps, la lutte n’a sans doute pas su s’adapter à son époque, à l’image des tenues qui sont loin d’être «dans le vent». Le jeune public ne semble guère réceptif et n’écoutant que le cri enchanteur des investisseurs, les grands penseurs du sport de haut niveau ont cru bon écarter la lutte des JO en février dernier.

C’était compter sans les réactions, venues des quatre coins du globe. Pourtant en désaccord sur bon nombre de points ces derniers temps, Russes avec Vladimir Poutine en tête, Américains avec Donald Rumsfeld, et même Iraniens par la voix du très décrié Mahmoud Ahmadinejab, étaient tous unis pour dénoncer ce que beaucoup qualifient d’impensable. Devant la volée de bois vert qui a suivi la décision d’écarter la lutte, et les quelques réformes mises en place par la nouvelle Fédération internationale de lutte (FILA), la commission exécutive du CIO a finalement décidé de retenir la lutte au mois de mai parmi les trois candidats à la dernière place pour les JO.

Sans faire injure au squash et au baseball, on comprendrait mal l’éviction de la lutte -sport plurimillénaire et faisant partie de l’héritage olympique- d’autant que celle-ci n’avait pas à rougir de l’attrait qu’elle a suscité lors des derniers Jeux à Londres. La lutte demeure encore l’un des rares sports à avoir figuré à toutes les éditions des JO depuis 1896, et elle véhicule des valeurs sportives ancestrales, des valeurs dont le CIO aurait tort de se défaire. Vivre avec son temps, c’est bien, mais tenir compte du passé c’est encore mieux.

Vidéo: la longue attente de la Lutte

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Romain Bonte