Jessica Ennis
Jessica Ennis après son titre olympique à Londres en 2012 | BEN STANSALL / AFP

La Grande-Bretagne heureuse et glorieuse

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La Grande-Bretagne n'avait plus vu un athlète emporter un titre olympique sur ses terres depuis les Jeux de 1908: en une folle soirée, le stade olympique de Stratford a sacré trois nouveaux héros dans une mise en scène digne des Chariots de Feu.

Entièrement pavoisées d'Union Jacks, les tribunes ont assisté au triomphe annoncé de Jessica Ennis à l'heptathlon, espéré de Mohamed Farah au 10.000 m et inattendu de Greg Rutherford à la longueur. La victoire de Jessica Ennis était annoncée, claironnée, puisque sa silhouette s'affichait déjà sur tous les murs de Londres et à la Une des journaux.

"Darling" du public anglais depuis son titre mondial en 2009 à Berlin, l'heptathlète de Sheffield avait bien sûr évacué la pression dès la première journée de sa discipline en améliorant deux de ses records personnels. Mais la nouvelle championne olympique, privée des Jeux de Pékin par une fracture de la hanche, a mis un point d'honneur à conclure son concours avec la manière en enlevant un dernier 800 m en forme de tour d'honneur. Seul petit regret pour Jessica Ennis, portée autour du stade, drapeau sur les épaules, par une interminable ovation: ne pas avoir franchi la barre des 7.000 points, même si elle améliore, en 6.955 points, son record personnel et national.

Milton Keynes heureux de ne pas avoir choisi le foot

Ce saut, réussi à son quatrième essai, a certainement confirmé au rouquin de Milton Keynes qu'il avait finalement bien fait de ne pas choisir le football, après avoir passé des tests pour Aston Villa. "Il y a quatre ans, j'avais vécu un moment tellement dur avec la mort de mon grand-père que c'est un sentiment fabuleux", a dit l'arrière-petit-fils d'un joueur mythique d'Arsenal. Dans un concours de faible niveau, il a dominé l'Australien Mitchell Watt (8,16 m) et l'Américain Will Claye (8,12 m).

Champion du monde en titre du 5.000 m, "Mo" Farah était bien sûr espéré lui aussi sur la plus haute marche du podium de la distance supérieure.
Il a parfaitement tenu son rang pour l'emporter devant l'Américain Galen Rupp et l'Ethiopien Tariku Bekele, le frère de Kenenisa, le champion olympique de Pékin, qui finit 4e.
D'origine somalienne, Mo Farah devient, en 27'30"42, le premier Britannique couronné sur la distance. "Le public était tellement derrière moi, la clameur montait de plus en plus fort. Je ne vivrai plus jamais un moment pareil", a-t-il dit.
Dans cette ambiance de fête nationale, le 100 m féminin, épreuve vedette du soir sur le papier, a été totalement éclipsé. La Grande-Bretagne n'avait d'yeux que pour ses champions.
 

AFP