Durant prend le meilleur sur Batum
Kevin Durant avait disputé le Championnat du monde 2010 et les JO avec les USA | TIMOTHY A. CLARY / AFP

La France "torpillée" par le team USA

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L'équipe de France, battue deux fois par l'Espagne mais aussi par la Belgique et l'Australie en matches de préparation abordait ses Jeux Olympiques face aux Etats-Unis et leur "Dream Team" dans le flou. Après un premier quart réussi les Bleus ont sombré dans la maladresse, subissant la puissance américaine (98-71).

De l'aveu même de Tony Parker, son meneur et leader, il s'agit de la "pire préparation qu' (il ait) connu avec l'équipe de France" qu'il côtoie depuis 2000. Dès le début de match, les Américains jouaient sur leur force, à coups de contre-attaques ultra-rapides et de défense agressive. Le meneur des Bleus se retrouvait notamment handicapé par des prises à deux qui ralentissait le jeu des hommes de Vincent Collet.

Tyson Chandler faisait la loi dans ce premier quart temps, obtenant de nombreuses fautes. Grâce à des blocs plus efficaces les Tricolores parvenaient enfin à sortir de la nasse et Parker retrouvait la lumière, décalé au poste d'arrière grâce à l'entrée de De Colo à la baguette. La vitesse des protégés de Mike  Krzyzewski gênait pourtant inexorablement les partenaires d'un Ronny Turiaf volontaire et déterminé. Mais les Bleus se retrouvaient amputés par les pénalités concédées par Gelabale (3 fautes), Batum (2 fautes) ou Séraphin (2 fautes). Malgré tout les Bleus restaient au contact (22-21).

"Ils font imploser leurs adversaires"

Le second quart commençait mal pour les vice-champions d'Europe en titre, bousculés sur les rebonds longs et maladroits. La France se tirait notamment une balle dans le pied en manquant de nombreux lancers francs (7/13, 13e). Cela permettait aux champions olympiques de Pékin de prendre leurs distances (35-26, 15e), seules quelques approximations les empêchant de s'envoler. En effet, les hommes de Collet ne parvenaient plus à mettre en place leurs systèmes de jeu à l'image de l'Air-Ball de Batum à trois points au milieu du second quart-temps, confirmant les difficultés françaises dans l'exercice (1/10).

Dans le camp opposé, Kevin Durant jouait les professeurs, plantant deux tirs primés plein de pureté. En défense, les Bleus étaient souvent pris ligne de fond pour des conclusions faciles, à l'image du dunk rageur de Lebron James sur un service de Williams (19e). Malgré les bonnes entrées d'Ali Traoré et de Flo Piétrus dans la peinture, l'équipe de France se retrouvait menée de 16 points à la mi-temps (52-36). La déclaration de Collet avant le match qui considérait que "le problème des Américains, c’est qu’il y a toujours un moment dans le match où ils font imploser leurs adversaires" prenait alors des allures de prophétie.

Team USA survitaminé

Dès l'entame de seconde période les protégés de coach K confirmaient leur emprise sur la rencontre grâce à un 8-2 leur offrant plus de vingt points d'avance (60-38, 22e). James en profitait pour faire admirer sa détente sur un alley-hoop avec Deron Williams (25e, 66-47) avant que Batum ne se réveille, enquillant cinq points dont un joli dunk. Le coach américain en profitait pour ouvrir son banc et donner du temps de jeu à Love ou Westbrook par exemple.

La litanie de maladresses françaises se poursuivait, permettant au team USA de capitaliser grâce à sa vélocité sur contre attaques et sa domination athlétique (78-51, 30e). Les joueurs de Mike Krzyzewski s'appliquaient à faire mentir leur entraîneur qui déclarait avant le match que "les Français (étaient) athlétiques et capables de (les) battre". Le dernier quart-temps soulignait les tendances observées durant le reste du match, avec des Français brouillons et des Américains au style sur-vitaminé sous les yeux de leur première dame Michelle Obama.

Un Durant majuscule

James Harden jouait les égéries écrasant un dunk plein d'amplitude et d'autorité. Kevin Durant justifiait lui son statut de triple meilleur marqueur de la NBA, imprimant sa patte sur le match avec 22 points. Kevin Love profitait de cette démonstration pour s'illustrer avec 14 points. Côté français, Ali Traoré réalisait une belle performance (12 points) tout en touché. Dans une fin de match sans intensité, les Etats-Unis s'imposaient finalement (98-71).

La France devra mieux faire face à l'Argentine mardi puis la Lituanie jeudi pour espérer un quart de finale abordable. Pour cela, il faudra gagner une bataille du rebond perdue face aux hommes de coach K (56-40) et retrouver une adresse extérieure en sommeil (2/22 à 3 points, 9% de réussite). Perdre face aux champions olympiques et du monde en titre n'a cependant rien d'infâmant. La qualification se jouera ailleurs.

La France trop juste...

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Déclarations :

Vincent Collet (entraîneur de l'EDF) : "On a  raté trop de tirs ouverts et trop de lancers francs. Il faut se servir de ce  soir pour avancer. L'adresse est une chose mais il y a aussi des consignes  qu'on ne respecte pas. Je ne considère pas comme normal de concéder dix rebonds  offensifs dans le premier quart-temps alors que c'est un point sur lequel nous  avons insisté. On est trop sorti des systèmes. Quand on a voulu inventer des  choses et partir dans des actions individuelles, c'était voué à l'échec. Et ça  ne passera pas beaucoup plus contre la Lituanie et l'Argentine."

Mickaël Gelabale (ailier de l'équipe de France) : "On aurait dû jouer beaucoup plus agressif. On était un peu endormi(...). Il va falloir qu'on resserre les boulons en  défense, parce que c'est pas normal qu'on prenne autant de points (...). J'espère qu'on va se retrouver au fil des matches et des  entraînements. Il va falloir qu'on rebondisse et que tout le monde apporte un  peu plus."

Florent Piétrus (intérieur de l'EDF) : "A nous de rester positif et de tirer les bonnes conclusions pour  aborder le match de mardi dans les meilleures conditions possibles (...). On sait contre qui on a joué. Il n'y a pas à rougir de perdre de 25  points contre une équipe aussi forte que les Etats-Unis".

Jerome Carrere