Kiprotich devance les deux Kenyans
Kiprotich devance les deux Kenyans | DANIEL GARCIA / AFP

Kiprotich remporte le marathon

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L'Ougandais Stephen Kiprotich a remporté le marathon dans les rues de Londres en devançant les Kenyans Abel Kirui et son homonyme Wilson Kiprotich. Kiprotich s'est imposé en 2 heures, 8 minutes et une seconde pour offrir à l'Ouganda sa première médaille d'or. Les trois Français engagés ont abandonné.

John Akii-Bua n'est plus seul: le champion olympique du 400 m haies en  1972, héros national au destin tragique décédé en 1997, a désormais un  successeur avec Kiprotich. Lancé à pleine vitesse vers son heure de gloire, l'Ougandais a pris le  temps de s'emparer du drapeau national et de s'en draper avant de franchir le  ruban final (2 h 08 min 01 sec). Dernier acte des épreuves d'athlétisme aux Jeux de Londres, le marathon,  épreuve mythique au sein du mythe olympique, a constitué un dernier tour  d'honneur dans les rues bondées de la capitale londonienne. Sous un soleil vif, les concurrents se sont élancés en fin de matinée  portés par une ferveur populaire incroyable, tout au long du parcours qui  faisait la part belle aux plus beaux monuments de la ville, avec l'arrivée non  loin de Buckhingham Palace. Kiprotich, qui s'entraîne au Kenya avec Eliud Kipchoge, champion du monde  2003 du 5000 m, a su renverser une situation fortement compromise à 7 km de  l'arrivée. Usé par le jeu d'équipe des Kényans Abel Kirui, 2e (2 h 08:27.) et Wilson  Kipsang Kiprotich, 3e (2 h 09:37.), l'Ougandais perdait quelques longueurs sur  le duo peu après le 35e km.
   
Accélération

Mais il revenait du diable vauvert pour placer une incroyable accélération  1,5 km plus loin. Dans un virage, il passait devant ses deux adversaires pour  littéralement les déposer sur le bitume. Kirui, double champion du monde (2009, 2011), tentait bien de revenir, mais  Kiprotich maintenait son avance, embrassant de temps à autres un bracelet à son  poignet gauche pour se donner du courage. Deuxième et troisième, le Kenya peut s'interroger sur sa tactique de course  et sa sélection. Les dirigeants de Nairobi n'ont peut-être pas fait un choix  judicieux en laissant à la maison Patrick Makau, détenteur du record du monde  (2h 03:38. en 2011). Pour sa part, l'Ethiopie présentait surtout Ayele Abshero, vainqueur en  janvier à Dubai avec la meilleure performance mondiale (MPM, 2h 04:23.).  Abshero a effectivement accompagné Kiprotich et Kirui, en chasse derrière  Kipsang qui, en tant que vainqueur du dernier marathon de Londres, avait décidé  d'ouvrir la route. Mais Abshero a craqué, lui aussi, peu après le 25e km pour laisser les deux  Kényans et l'Ougandais constituer le trio gagnant.

"Le rythme était vraiment rapide et je savais que je ne pourrais pas  m'échapper des deux Kenyans facilement. J'ai donc décidé de les accompagner. Et  puis j'ai dû accélérer et creuser un écart, parce que je voulais gagner cette  médaille", a expliqué Kiprotich le plus simplement du monde. "Je suis très heureux de gagner une médaille pour mon pays. J'aime mes  compatriotes, et tout le monde doit être content parce que nous n'avions pas  gagné de médaille en marathon auparavant", a-t-il conclu. De leurs côté, les trois Français engagés, Abraham Kiprotich, Patrick  Tambwe et Abdellatif Meftah, n'ont jamais été dans le bon tempo pour espérer  quoi que ce soit. Pire, l'ensemble s'est terminé par un désastre avec les deux  premiers nommés abandonnant dans la première heure et Meftah ne dépassant pas  le 25e kilomètre.

L'arrivée du marathon :

 

AFP