Emilie Fer
Emilie Fer aux JO de Londres | JENS BUETTNER / DPA / DPA/AFP

Kayak : Fer en or

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La Française Emilie Fer a été sacrée jeudi championne olympique du slalom en kayak monoplace sur le bassin des JO de Londres. Déception en revanche pour Gauthier Klauss et Matthieu Péché, qui terminent au pied du podium du slalom en canoë biplace.

De l'eau a coulé sur les bassins depuis sa 7e place à Pékin en 2008. A 29 ans, Emilie Fer a fait le grand saut pour s'adjuger une sublime médaille d'or en forme de consécration. Elle devance l'Australienne Jessica Fox et l'Espagnole Maialen Chourraut pour rapporter à la France sa 15e médaille - la 6e en or - depuis le début des JO de Londres.

En l'espace d'une journée, Fer  a réalisé deux parcours propres. Un exploit  pour la Francilienne, l'aboutissement d'une reconstruction physique et mentale  lancée au lendemain du couac de Pékin en 2008 où une porte manquée l'avait  reléguée à la 7e place. Passée sous la houlette de Sylvain Curinier peu après le retour de Chine,  elle passe sur le billard l'année suivante pour réparer une épaule gauche  récalcitrante, elle s'est reconstruit mentalement avec une médaille européenne (de l'argent en 2009) et des préparateurs mentaux pour mieux gérer la pression. Mais les résultats sportifs ne sont toujours pas au niveau des attentes.  Elle cravache d'ailleurs pour gagner son billet pour Londres, ne sortant  victorieuse de son duel avec Carole Bouzidi qu'au terme de leurs trois  confrontation en avril à Pau. "Je suis fière de moi", dira la  championne, sortant même d'une réserve naturelle pour raconter qu'elle "a dansé  entre les deux manches".

Duel avec Jessica Fox

Pour grimper sur la plus haute marche du podium, Emilie Fer a dû résister à la pression imposée par sa dauphine, l'Australienne Jessica Fox, qui disputait à 18 ans ses premiers Jeux, un peu plus de deux semaines après avoir conservé ses titres mondiaux juniors. Née à Marseille, l'Australienne est la fille de Myriam Jerusalmi, médaillée de bronze françaises aux JO d'Atlanta en 1996, et du Britannique Richard Fox, quintuple champion du monde de Kayak. Epatante, la toute jeune kayakiste avait placé la barre très haut. Pas suffisamment haut néanmoins pour contrecarrer les plans de la Française. 

Revivez la course d'Emilie Fer :

Seulement 10e des qualifications, Fer n'abordait pourtant pas sa descente dans les meilleures conditions. Mais en terminant 3e des demi-finales, elle montre qu'il faudra compter sur elle. L'athlète de Saint-Maurice livrait sa plus belle course en finale, effaçant le souvenir de sa finale ratée il y a quatre ans. Grâce à des trajectoires limpides, la Française franchit la ligne d'arrivée avec 0"61 d'avance sur Jessica Fox. "Je savais que je n'avais pas le droit à l'erreur. Je connaissais le temps de Jessica avant de partir, j'ai dit à mon entraîneur de ne plus me donner les chronos. Je lui ai dit que je savais ce que j'avais à faire : je devais calculer et en même temps aller sur sur les piquets. Je suis contente d'avoir placé cette manche-là au bon moment. Je savais que je serais capable de naviguer à mon meilleur niveau le jour d'une grande course"

"Je ne réalise pas trop ce qui vient de se passer, confie la Française. Je vois juste plein de gens heureux autour de moi. Je crois que je m'en rendrai compte plus tard." Peu sensible aux lauriers et aux statistiques, la kayakiste a expliqué que le fait de devenir la première française à décrocher le graal olympique dans cette discipline lui importait peu. "Il paraît que c'est le cas. Pour moi, ce qui compte le plus est d'ajouter une médaille dans l'escarcelle du canoë-kayak" a-t-elle dit. "Je suis très fière de ça."

Klauss et Péché tombent de haut

En glissant sur les traces de Tony Estanguet, sacré deux jours plus tôt, Emilie Fer confirme les bonnes dispositions de la France dans ce sport. Mais ce succès ne fera pas oublier la déception de Gauthier Klauss et Matthieu Péché. Les deux Vosgiens ont échoué à la plus mauvaise place (4e) en canoë biplace. Troisième temps des demi-finales, Klauss et Péché ont touché une porte "stop" en toute fin de parcours en finale, qui les a privés d'une médaille. "C'est horrible, une immense déception. On est passé si près", a déclaré à Reuters Gauthier Klauss.

Revivez la Marseillaise :

La joie d'Emilie Fer au micro de France 2 :

Victor Patenôtre