Rome candidate pour l'organisation des Jeux Olympiques
La ville de Rome restera-t-elle candidate pour les JO en 2024 ? | AFP - TIZIANA FABI

JO-2024: Rome vers un retrait ?

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Le Mouvement 5 étoiles (M5S), à la tête de la mairie de Rome, s'oriente clairement vers un refus de la candidature aux jeux Olympiques de 2024, au grand dam du chef du gouvernement, Matteo Renzi. L'élection, dans laquelle sont engagées les villes de Paris, Los Angeles et Budapest, se déroulera le 13 septembre 2017 à Lima.

Virginia Raggi, la maire M5S élue en juin, ne s'est pas encore prononcée, mais le blog du fondateur du mouvement, Beppe Grillo, auquel elle a juré une fidélité absolue, a publié vendredi une tribune intitulée: "Les Jeux à Rome ? Non merci !". Les Jeux servent à "satisfaire le délire d'omnipotence" des classes politiques et économiques et "sont souvent utilisés pour hypothéquer l'avenir des jeunes croulant sous les dettes et comme de puissantes armes de distraction massive", dénonce cette tribune signée par un député M5S, Elio Lannutti, président d'une association de consommateurs.

"On ne peut pas utiliser les Jeux comme instrument pour faire la paix à l'intérieur d'un mouvement revenchard", a répliqué M. Renzi samedi matin lors d'un discours, en référence aux tensions internes au M5S, l'inclassable rassemblement anti-partis qui recueille près de 30% des intentions de vote, autour de la gestion de Rome. Le chef du gouvernement a aussi rejeté l'un des arguments du M5S, qui souhaite affecter à d'autres priorités les fonds susceptibles d'être alloués pour les Jeux: "Ces fonds, soit ils arrivent à Rome, soit ils partent à Paris", autre ville candidate pour 2024 avec Los Angeles et Budapest.

Une opportunité ou un trou financier ?

"Rome-2024 est une grande opportunité pour l'Italie. Le projet est sérieux, rigoureux et bien fait. Ce n'est pas par hasard que nous sommes en pole position face aux autres villes", a-t-il ensuite assuré sur Facebook.
"Nous respecterons la décision de Mme Raggi, quelle qu'elle soit, mais laissez-moi vous dire avec force que dire non à une grande occasion de développement et d'emplois pour l'Italie est une erreur. Et le faire pour diverses raisons internes à son propre parti n'est pas seulement une erreur: c'est un geste triste et cynique", a-t-il insisté.

Le Comité olympique italien assure dans la presse nationale que tout n'est pas encore perdu, mais Mme Raggi avait répété pendant toute la campagne électorale que les JO ne pouvaient pas être une priorité pour une ville dont la dette atteint déjà 13 milliards d'euros.

AFP