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JO 2024 : Paris et Los Angeles dos à dos

Publié le , modifié le

Les traditionnelles visites de la commission d'évaluation du CIO terminées, les villes de Los Angeles et Paris ont toutes les deux marqué des points. Et aucune n'en a perdu. A 4 mois de la désignation officielle, il est toujours impossible d'en tirer un favori.

Après avoir écumé les rues de Los Angeles, la commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) vient de terminer sa visite parisienne. Et le moins que l’on puisse dire est que ce groupe de 13 personnes, composé de membres du CIO et de Fédérations internationales, aiment les compliments. "Exceptionnel", "magnifique", "grandiose"… Aucun superlatif n’a été oublié, quelle que soit la ville visitée. Aucune ne se dégage de l'autre, même si leurs programmes sont différents. 

Budget

Face aux fiascos financiers des derniers Jeux, le CIO a demandé aux candidats d’oublier toute extravagance. Les équipes de Paris 2024 ont chiffré à 6,2 milliards d’euros le coût des Jeux, dont 3 milliards destinés aux infrastructures et 3,2 pour l’organisation.
Quant au projet américain, avec un budget prévisionnel de 4,8 milliards d’euros, il paraît bien moins onéreux. Mais la particularité du dossier LA 2024 est qu’il ne compte que le coût de l’organisation. Rien pour les infrastructures, déjà existantes. L’équipe californienne anticipe des recettes en marketing estimées à 1,76 milliards de dollars. Dont 8,7 millions de billets destinés à la vente avec un prix moyen de 125 euros.

Infrastructures

Roland-Garros, Bercy, le Stade de France … Paris mise sur ses sites historiques qui, pour Tony Estanguet, "vont au-delà des stades car ce sont des lieux iconiques". Patrick Baumann, le directeur de la délégation, n’y est d’ailleurs pas resté insensible, les jugeant "d’une beauté extraordinaire". D’autres, éphémères, ont pour vocation de l’être tout autant. C’est ainsi que le Champ-de-Mars, le Petit Palais, les invalides, ou encore le Château de Versailles se transformeront le temps de la compétition. Tous seront dans un rayon de 10 kilomètres, un, point plus que positif. Seul bémol : contrairement à Los Angeles, Paris a besoin de construire un Village Olympique ainsi que son futur stade nautique, qui seront tous deux situés en Seine-Saint-Denis.

Visuel du Long Beach Sports Park
Visuel du Long Beach Sports Park

De l’autre côté de l’Atlantique, il y aura quatre parcs olympiques géographiquement éloignés : Downtown, Valley, South Park et Long Beach. Los Angeles a également la particularité de n'avoir aucun travaux à réaliser. Avec le Staples Center ou le Coliseum, le CIO a découvert des sites déjà opérationnels, en plus d'être jugés "hallucinants" par Patrick Baumann. Le gros point positif est le Village olympique. En choisissant le campus de UCLA, le président de LA 2024, Casey Wasserman, ne cache pas son assurance : "Avoir un Village Olympique qu’on peut toucher est un atout incroyable (…) Ce n’est pas difficile d’imaginer 17.000 sportifs dans ce Village". Pas de retard de construction, ni de surcoût. Ils ont joué la sécurité. Avec ses 16 000 places d’hébergement, et en attendant la construction de 4 500 lits supplémentaires, UCLA est "l'un des arguments-choc de Los Angeles, il y a tout pour que les sportifs s’entraînent et passent un beau séjour", a conclu le secrétaire national de la Fédération Internationale de basket.

Transports

C’est le grand atout de la candidature française à son réseau de transports en commun plus développé. D’autant plus que la ville de Paris a prévu une grande rénovation planifiée pour 2022. Mais le comité d’évaluation, estimant que les transports étaient un potentiel point faible de la candidature de LA à cause de ses embouteillages quotidiens a finalement estimé le projet californien de "convaincant". Eric Garcetti, le maire de la ville, a mentionné que Los Angeles était en train de vivre "une révolution de ses transports", avec quelques 88 milliards de dollars consacrés à la création de nouvelles lignes de métros et de trains.

Politique 

La commission a jugé "de bon augure" le contexte de transition politique en France. Rencontré ce mardi matin lors d’un petit-déjeuner, le nouveau président Emmanuel Macron a tenu a affirmé sa volonté d’obtenir les Jeux. Ce qui "témoigne de son attachement avec une unité de la candidature parisienne jusqu’au plus haut niveau de l’Etat", selon Bernard Lapasset, co-président de Paris 2024. Malgré l’absence de rencontre entre le comité du CIO et le président américain Donald Trump, le maire démocrate de LA a tenu à saluer le "superbe soutien" de l’administration Trump alors qu’il ne manque pas de critiquer avec virulence ses décrets anti-immigration : "Les JO sont un sujet qui unifie le pays". Toutefois, Richard Peterkin, membre du CIO, a regretté certaines mesures du président américain "complètement opposées aux valeurs olympiques".

Environnement/Social

Paris se veut novateur en promettant de réduire l’empreinte carbone de 55% par rapport aux Jeux de Londres en 2012. C’est ainsi que 100% de l’approvisionnement en électricité sera issu des énergies renouvelables, tous les sites seront desservis par les transports en communs et leur arrosage proviendra d’eau de récupération. Vantant que la Seine-Saint-Denis profitera de la transformation du Village olympique en logements, Tony Estanguet assure "l’effet de levier des Jeux qui joueront un rôle social, écologique et fédérateur ". Quant à Los Angeles, la ville se targue de bénéficier du soutien de 88% de sa population. Rien d'autre.

Soutiens

Les membres de la commission ont pu rencontrer les différents soutiens des villes candidates. C’est ainsi qu’à Paris, ils ont échangé avec des champions tels que Teddy Riner, Rudy Gobert, Marie-José Pérec, Alain Bernard, Lilian Thuram, Martin Fourcade, Tony Yoka ou encore un certain Zinédine Zidane, qui n’a pas pu s’empêcher de dire que "Paris 2024 propose une vision précieuse à [son] cœur".
Ces rencontres ont rompu avec le clinquant dîner organisé dans la villa du président de LA 2024, Casey Westermann, et son traditionnel parterre de stars, allant de Silverstone Stallone à Kobe Bryant, passant par Steve Ballmer, le fondateur de Microsoft.


Entre Paris qui a "une place spéciale dans le mouvement olympique" et Los Angeles "ne représentant aucun risque", selon le directeur de la commission, Patrick Baumann, bien malin est celui qui peut d'ores et déjà s’avancer sur le futur organisateur. Dans les deux camps, "tout est là. Pour trouver des points de faiblesse, il faut vraiment pinailler !». Une manière de renvoyer dos à dos deux villes déjà  hôtes des JO par deux fois (1932 et 1984 pour LA, 1900 et 1924 pour Paris).

Pour savoir si la commission suivra le soleil de Los Angeles ou préférera partager avec Paris, il faudra attendre. La commission rendra son rapport dans le courant du mois de juin. Le document sera publié le 5 juillet 2017, avant le briefing des villes candidates devant les membres du CIO et les fédérations internationales pour une avant-dernière présentation prévue les 11 et 12 juillet à Lausanne. En attendant le verdict final du 13 septembre prochain. Les Jeux ne sont pas faits !