Tony Estanguet
Tony Estanguet, co-président du comité de candidature.Paris-2024 | EDDY LEMAISTRE / 2PIX-EL / DPPI MEDIA

JO-2024: le CIO en visite à Paris

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Après trois jours chez les rivaux de Los Angeles, la commission d'évaluation du CIO est arrivée à Paris pour auditer, de dimanche à mardi, la candidature parisienne aux JO-2024, dans un contexte de transition politique que ses partisans jugent de bon augure pour le dossier français. Les membres de la commission présidée par le Suisse Patrick Baumann débuteront en effet leurs travaux quelques heures avant la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron. Ce choc des agendas ne devrait pas empêcher une rencontre formelle entre les émissaires du CIO et le président élu, mais ce dernier a pris les devants, téléphonant dès jeudi à Thomas Bach, patron de l'institution olympique, pour l'assurer de son "soutien plein et entier à la candidature de Paris".

Sur le terrain, les promoteurs de la candidature devront se débrouiller sans le chef de l'Etat pour montrer aux visiteurs la capitale sous son meilleur jour. Lors de l'oral dominical, ils insisteront sur les vertus annoncées d'un projet qui, dès sa gestation, a mis l'accent sur l'héritage. Avec seulement une piscine et un Village olympique à construire, la rénovation de son système de transport planifiée pour 2022, Paris se dit équipée à 95%. Ce n'est donc pas dans le dur que résiderait l'essentiel des retombées des JO-2024 mais dans l'immatériel; les progrès environnemental et social, notamment en profitant de l'élan olympique pour étendre la pratique sportive vers des publics aujourd'hui moins concernés comme les femmes, les seniors ou les handicap

La candidature française se présente également comme celle du développement durable. Enfin, avec Paris pour centre, les Jeux bénéficieraient essentiellement, en terme de richesse et d'emploi, à la Seine-Saint-Denis, département le plus jeune et le plus pauvre de France métropolitaine, où seraient disputées la plupart des épreuves et où serait construit le Village, transformé ensuite en logements sociaux. "On veut montrer comment on va développer la pratique du sport dans ce pays, comment les Jeux vont servir d'effet de levier pour montrer le pouvoir qu'a le sport de jouer un rôle social, écologique, fédérateur. Montrer à quel point tout ce pan là du sport n'a pas été jusqu'à présent optimisé grâce aux Jeux", s'enflamme Tony
Estanguet, co-président du comité de candidature.

Le lendemain, lundi, la commission d'évaluation parcourra, en bus, tous les sites de la région parisienne, de la base nautique de Vaires-sur-Marne au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, en s'attardant bien entendu sur le noyau dur, cet épicentre de 10 km maximum autour du Village olympique où seront disputés 22 sports.

Le sport au coeur de Paris

"C'est un projet incroyable, avec des sites sportifs qui vont au-delà des stades, des lieux iconiques comme les Champs Élysées, la Tour Eiffel, les Invalides, le Champ de Mars, le Grand Palais. Le meilleur de Paris qui s'offre aux jeux Olympiques", s'enthousiasme Tony Estanguet dont les équipes ont chiffré à 6,2 milliards d'euros le coût des Jeux (3 mds pour les infrastructures, 3,2 milliards d'euros pour l'organisation  des Jeux - dont 1,8 versés par le CIO). Los Angeles table de son côté sur 5,3 mds de dollars. Grâce à ces symboles du coeur de Paris transformés en sites olympiques et à la proximité de stades plus conventionnels comme Bercy, Roland-Garros ou le stade de France, Paris offrirait des jeux compacts et se transformerait en parc olympique géant, "avec des zones de célébrations du Champ de Mars à la Villette, en passant par la Bastille", reprend Bernard Lapasset, alter ego d'Estanguet à la tête de Paris-2024. Une rupture avec les traditionnels "clusters" concentrant un maximum d'événements très loin des centre-villes. Il y a douze ans, Paris, alors candidate à l'organisation des JO-2012 avait brillamment réussi l'oral devant la commission d'évaluation. Paris-2012 avait obtenu une appréciation technique brillante, meilleure que celle de Londres qui l'avait finalement devancée lors du vote du CIO.

"On sait que ce ne sera pas suffisant. Derrière, la route va être longue, avec l'oral de Lausanne (en juillet) et (le vote) de Lima (le 13 septembre)", estime  Estanguet. "Mais on se rapproche du but. On est à quelques mois de l'échéance ultime, et l'étape de ce week-end, il ne faut pas la rater." Tout, jusqu'au nouveau président de la République, est prêt à Paris pour la réussir.

JO 2024: les différents sites proposés

. Stade de France: 78.000 places, à 2 km du Village olympique. Athlétisme, cérémonies d'ouverture et de clôture
. Centre de water polo: 5.000 places, à 6 km. Water polo
. Grand Palais: 7.000 places, à 15 km. Escrime et taekwondo
. Parc des Expositions de la Porte de Versailles: à 19 km. 12.000 places handball, 6.000 places tennis de table
. Parc des Princes: 45.000 places, à 17 km. Football
. Stade Jean-Bouin: 20.000 places, à 17 km. Rugby à VII
. Roland-Garros: court Philippe-Chatrier de 15.000 places, court Suzanne-Lenglen de 10.000 places, court des Serres de 5.000 places, à 16 km.. Tennis et boxe
. Bercy Arena: 15.000 places, à 18 km. Judo et basket-ball
. Arena 92: 17.500 places, à 16 km. Gymnastique, trampoline, et GRS
. Stade Yves-du-Manoir: 15.000 places, à 10 km. Hockey sur gazon
. Zénith: 6.000 places, à 9 km. Haltérophilie
. Stade Pierre-de-Coubertin: 4.000 places, à 12 km. Basket-ball
. Base nautique de Vaires-sur-Marne: 14.000 places + 10.000 places debout, à 42 km. Canoë-kayak (sprint et slalom) et aviron
. Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines: à 35 km. 5.000 places cyclisme sur piste et pentathlon moderne, 6.000 places BMX
. Colline d'Elancourt: 2.000 places + 20.000 places debout, à 40 km. VTT
. Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines: 5.000 places + 30.000 places debout, 41 km. Golf
. Marina de Marseille: 5.000 places + 10.000 places debout, à 3h10 en TGV. Voile
. Stade Vélodrome de Marseille: 67.000 places, à 3h10 en TGV. Foot
. Stadium de Toulouse: 33.000 places, à 3h de train en TGV (en 2023). Foot
. Stade de Bordeaux: 42.000 places, à 2h de train en TGV (en juillet 2017). Foot
. Stade de La Beaujoire à Nantes: 38.000 places, à 2h de TGV. Foot
. Stade Pierre-Mauroy de Lille: 50.000 places, à 1h de TGV. Foot
. Stade de Lyon: 58.000 places, à 2h de TGV. Foot
. Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne: 42.000 places, à 2h50 de TGV. Foot
. Stade de Nice: 35.000 places, à 1h20 en avion ou 5h en TGV. Foot
. Paris Le Bourget: à 7 km. Centre principal des médias

SITES TEMPORAIRES
. Pavillon I salon des expositions du Bourget: 7.000 places, à 8 km du Village olympique. Badminton
. Pavillon II salon des expositions du Bourget: deux arènes de 12.000 et 5.000 places, à 9 km. Volley-ball
. Salon des expositions du Bourget: 3.000 places, 8 km. Tir 
. Champ-de-Mars: 12.000 places, à 15 km. Beach-volley
. Tour Eiffel: 3.000 places + 10.000 places debout, à 15 km. Départ du triathlon et de la natation en eau libre, marathon
. Champs-Elysées: 4.000 places + 25.000 places debout, à 16 km. Cyclisme sur route
. Esplanade des Invalides: 8.000 places, à 15 km. Tir à l'arc
. Château de Versailles: 20.000 places + 45.000 places debout, à 48 km. Equitation

SITES A CONSTRUIRE
. Village olympique et paralympique: sur le site de la Cité du cinéma, 17.000 lits pour les jeux Olympiques, 8.000 lits pour les Paralympiques
. Centre aquatique de la Plaine Saulnier à Saint-Denis: 17.000 places, à 2 km du Village olympique. Natation, natation synchronisée et plongeon
. Village des médias: 5.000 chambres, à proximité du centre des médias au Bourget, à 8 km.
. Bercy Arena II: 8.000 places, à 18 km. Basket-ball et lutte

Christian Grégoire