Jacques Rogge - CIO - Jeux olympiques
Jacques Rogge (Président du Comité international olympique) | AFP - ADRIAN DENNIS

JO 2020 : Madrid en pôle position ?

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A deux jours du vote qui doit désigner la ville hôte des JO 2020, certains membres du Comité international olympique semblent se soucier particulièrement des impacts de la catastrophe nucléaire de Fukushima et de la conjoncture syrienne. Et pour cause : samedi, ils devront choisir entre Madrid, Instanbul et Tokyo. Des craintes qui pourraient profiter à la candidature de la capitale espagnole.

A Buenos Aires, les électeurs du CIO font face à un dilemme déchirant. Dans deux jours, ils devront désigner la ville qui accueillera les Jeux Olympiques en 2020. Doit-on prendre le risque d'envoyer les athlètes dans des régions du monde où ils pourraient être en danger ? Évidemment, trancher par la négative tomberait sous le sens. La candidature stambouliote, longtemps jugée favorite, pourrait finalement pâtir de l'actualité récente. Selon Wolfgang Maennig, ancien champion olympique d'aviron pour l'Allemagne et désormais spécialiste de l'économie du sport, Madrid pourrait clairement profiter de la situation compliquée en Turquie et dans les pays qui l'entourent : "A mon grand étonnement, il semblerait que ce soit Madrid qui sorte gagnant", a-t-il déclaré: "J'ai parlé avec le président d'un Comité olympique national et les gens sont effrayés face à ce qui se passe en Turquie, en Syrie et même en Irak". De plus, selon l'économiste, la candidature d'Istanbul aurait également "perdu de sa crédibilité avec les manifestations" de juin, parties d'un projet immobilier, au coeur de la ville, et la façon dont elles ont été réprimées par les autorités. Autrement dit, entre les manifestations qui ont capitonné la place Taksim cet été et la menace d'une guerre entre les Etats-Unis et la Syrie, les électeurs du CIO seraient régulièrement refroidis par la candidature d'Instanbul. 

Tokyo et la peur du nucléaire 

Si l'alternative stambouliote a pris du plomb dans l'aile, Tokyo, autre ville candidate pour ces JO 2020, est très loin de pouvoir crier victoire : "Il y aussi beaucoup d'inquiétudes autour du niveau de radiation au Japon", avait renchéri Wolgang Maennig. Évidemment, le comité de candidature japonais s'en doutait. Après avoir vanté les capacités inovantes de l'archipel, incarnées par son petit robot astronaute Kirobo, il avait habilement axé son discours sur la certitude que la Tokyo et ses alentours n'étaient en rien sujets aux radiations provoquées par la catastrophe nucléaire de Fukushima : "J'ai envoyé une lettre aux membres du CIO à propos de Fukushima la semaine dernière pour leur dire que Tokyo est très sûre", avait expliqué Tsunekazu Takeda, le président de la candidature tokyoite. Le lobbying japonais suffira t-il à convaincre les votants ? 

En définitive, au sein du CIO, des craintes sont en train de naître et les candidatures d'Istanbul et de Tokyo font de plus en plus de sceptiques. Et comme dans toutes compétitions - sportives et électorales - le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres, et de fait, Madrid devient le favori pour glaner le statut de ville hôte des JO 2020. Avec des soutiens comme le Prince Felipe, le basketteur Pau Gasol et même l'argentin Leo Messi, les Espagnols peuvent se targuer d'être très bien représentés. Mais spéculer n'avance à rien : "Seules les personnes qui appuieront sur le bouton samedi (les membres du CIO lors du vote électronique pour la ville, ndlr) savent comment elles vont voter", avait rappelé le patron du CIO Jacques Rogge mercredi soir. 

Jean Charbon