Andre Myhrer décroche l'or en slalom
Le Suédois Andre Myhrer décroche l'or en slalom | Fabrice COFFRINI / AFP

JO 2018 : Slalom hommes, les Français malheureux, Hirscher tombé, Myhrer béton.

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Que de surprises ce matin lors du slalom messieurs à PyeongChang. Immense déception pour le clan français qui "truste" les 4e, 5e et 6e places, à un souffle du podium. En première manche, le patron de la discipline, Hirscher, part à la faute. En seconde, c'est l'autre grandissime favori, Henrik Kristoffersen qui termine au tapis. Le Suédois André Myhrer décroche le Graal devant le Suisse Ramon Zenhäusern et l'Autrichien Michaël Matt.

Le slalom de PyeongChang nous a fait vibré, mais probablement pas comme on l'entendait. Heureux celui qui aurait parié sur le triplé gagnant du slalom des Jeux Olympiques. Il était presque impensable de ne pas voir un des deux cadors de la discipline, Marcel Hirscher et Henrik Kristoffersen décrocher l'or. Seulement voilà, la magie des JO a opéré, apportant son lot de surprises, de joies et de frustrations. 

Le raté d'Hirscher

Les deux Favoris au tapis

Outre l'Allemand Felix Neureuther, qui avait remporté le slalom d'ouverture à Levi avant de se blesser, Hirscher et Kristoffersen s'étaient partagés toutes les victoires en coupe du monde de slalom cette saison. Le duel était annoncé, tous les yeux étaient rivés sur les deux génies de la discipline... Stupeur dès la première manche. Marcel Hirscher se fait éjecter dès le haut du tracé. Le déjà double médaillé d'or de PyeongChang, qui dégageait une sérénité sans faille depuis le début de la saison, est parti le ski entre les dents. Un peu trop ! Et en seconde manche, son dauphin norvégien n'a pas supporté la pression. En l'absence de son rival, le titre lui semblait promis après sa victoire en première manche. Mais Kristoffersen commet l'irréparable, la faute d'intérieur dès les premières portes, et abandonne le titre au Suédois Andre Myhrer.

Le raté de Kristoffersen

Une seconde manche taillée pour les grands 

La seconde manche était tracée très tournante, même sur le plat, ce qui a profité aux grands gabarits qui ont pu se servir de leur amplitude pour s'enrouler autour des portes. Michael Matt (1m86) est le premier à frapper fort. L'Autrichien, 12e du premier acte à 1,28 secondes de la tête découpe la piste et signe le meilleur temps de la seconde manche. Mais sa joie est de courte durée. Neuvième de la première manche, le Suisse Ramon Zenhäusern (2m02), prend le lead quelques minutes plus tard. La mine déconfite, Michael Matt pense voir le podium s'envoler. Les concurrents défilent et s'empilent derrière les deux géants, jusqu'au passage du deuxième de la première manche, Andre Myhrer (1m89). Après un haut de parcours solide, le Suédois est le seul à tenir tête à Zenhäusern sur le dernier plat et conserve 34 centièmes d'avance sur la ligne. La suite on la connait, Kristoffersen sur le flan, Myhrer, vainqueur du globe de slalom en 2012 se pare du plus beau des métals. Zenhäusern qui n'était jamais monté sur un podium de slalom en coupe du monde décroche l'argent, et Matt arrache un bronze inespéré, 4 centièmes devant le 4e, Clément Noël.

Le triomphe de Myhrer

Les Français performants, mais tellement frustrants 

A part l'abandon du doyen de l'équipe, Jean-Baptiste Grange, les Français signent une performance solide en première manche. En l'absence d'Hirscher, tout semble possible pour Victor Muffat-Jeandet (3e), Alexis Pinturault (6e) et Clément Noël (7e). C'est le troisième qui réalise la meilleure deuxième manche, échouant à 4 centièmes de la médaille de bronze. Pinturault termine 5e à 6 centièmes du bronze et Muffat-Jeandet 6e à 9 centièmes. Pas vernis les Français. Les Bleus la jouent bons perdants au micro de France Télé, Alexis Pinturault "content de son olympiade mais tout de même un peu frustré des 6 centièmes". Même son de cloche pour Clément Noël, "C'est juste les 4 centièmes qui me frustrent un peu, [...] mais si on m'avait dit que je pourrais jouer la médaille aux JO en début de saison ou même hier je n'y aurais pas cru !".  Les Bleus en disette de podium dans la discipline en coupe du monde depuis plus de 4 ans signent une belle performance, mais, aux JO, seul le métal compte vraiment !

La réaction de Pinturault et Noël

La réaction de Victor Muffat-Jeandet

Névil Gagnepain