Martin Fourcade au sommet du sport français
Martin Fourcade au sommet du sport français | FRANCK FIFE / AFP

JO 2018 : Martin Fourcade, un homme et un biathlète en or

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Cinq courses à PyeongChang, trois médailles d’or et à jamais dans le cœur des Français. Immense champion avant d’arriver en Corée du Sud, Martin Fourcade a encore pris une autre dimension. Avec cinq titres olympiques à son palmarès, le voilà seul au sommet du sport français.

« Je ne rêve pas d'écrire l'Histoire ». Presque malgré lui, Martin Fourcade trône. Un roi du biathlon (six Globes de cristal d'affilée, 14 victoires sur une seule saison en 2016-2017, 21 Petits Globes de cristal) qui a étendu son royaume au sport français dont il portait fièrement l’étendard lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de PyeongChang. Un souverain qui s’est fait tout seul mais qui joue aussi collectif. Biathlète parfait et gendre idéal, Fourcade s’invite sur tous les terrains où les valeurs du sport sont en danger. Le Pyrénéen est plusieurs fois monté au créneau pour défendre sa corporation et dénoncer les tricheurs russes révélés par le rapport McLaren. « Il a une intelligence sportive et une intelligence tout court », analyse l'entraîneur de l'équipe de France Stéphane Bouthiaux.

Arrivé sur le biathlon pour faire comme son frère Simon, Martin « ne rêvait pas d'être le Français le plus titré. Ce n'était pas un rêve de gosse. Je rêve de faire mon sport et de le faire bien. Je rêvais d'être champion olympique, d'avoir un titre mais pas d'être tout seul devant. » Mardi, il est encore arrivé seul mais sitôt la ligne d’arrivée franchie, il est tombé dans les bras de ses coéquipiers du relais Marie Dorin Habert, Anaïs Bescond et Simon Desthieux. Abonnés aux succès, Fourcade rêvait d’apporter cette dernière touche aux copains et copines de l’équipe de France. Une médaille en relais après laquelle il courait depuis ses premiers jeux. Ses six premiers podiums olympiques (entre Vancouver-2010, Sotchi-2014 et Pyeongchang-2018), le Pyrénéen les avait obtenus tout seul, en course individuelle.

Ce titre collectif porte à trois sa moisson olympique coréenne. Après un sprint décevant (8e), Fourcade a mis le turbo dans la poursuite. Comme à Sotchi. Et s’il n’a pas triomphé sur l’individuelle alors qu’il avait course gagnée (largement en tête, il a raté ses deux dernières balles, ndlr), c’était pour mieux revenir sur la mass start. Un succès pour quelques millimètres face à l’Allemand Simon Schempp. « Après l'adrénaline et l'excitation du premier titre à Pyeongchang, là c'était beaucoup plus profond, explique Fourcade. J'ai mesuré à quel point on peut gagner ou passer à côté pour très peu. Cela rend la victoire encore plus belle. La victoire de la poursuite était magnifique, mais c'était une course maîtrisée, qui était à ma main, où je n'ai pas tremblé. Dimanche, même après l'arrivée, j'ai continué à trembler. » Une 4e médaille d’or pour l’histoire. Jean-Claude Killy, avec ses trois titres olympiques de Grenoble, était dépassé. Ne restait plus que les escrimeurs Christian D'Oriola et Lucien Gaudin à laisser derrière grâce au relais mixte. Maintenant que c’est fait, on se prend même à rêver d’une nouvelle médaille d’or, sa 6e, lors du relais masculin vendredi.

Liste non-exhaustive des multi-champions aux Jeux olympiques (hiver et été)

Michael Phelps (USA, natation): 23
Carl Lewis (USA, athlétisme): 9
Paavo Nurmi (FIN, athlétisme): 9
Mark Spitz (USA, natation): 9
Ole Einar Bjorndalen (NOR, biathlon): 8
Bjorn Daehlie (NOR, ski de fond): 8
Usain Bolt (JAM, athlétisme): 8
Marit Bjorgen (NOR, Ski de fond): 7
Nadia Comaneci (ROU, gymnastique): 5
Martin Fourcade (FRA, biathlon): 5

Dario Cologna (SUI, ski de fond): 4
Sven Kramer (NED, patinage de vitesse): 4
Christian D'Oriola (FRA, escrime): 4
Lucien Gaudin (FRA, escrime): 4