Aileen Frisch
La lugeuse allemande Aileen Christina Frisch | TOBIAS HASE / DPA

JO 2018 : La Corée du Sud a sa légion étrangère

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Ils viennent des Etats-unis, de Russie, du Canada ou d'Allemagne: 19 athlètes au total, sur les 144 que compte la délégation sud-coréenne, ont été naturalisés en vue des Jeux. Ils doivent porter haut les couleurs d'un pays qui entend bien ne pas perdre la face lors de ces Olympiades, dont les enjeux dépassent largement le sport. Certains de ces sportifs ont un lien familial avec la Corée. D'autres, à l'image de la lugeuse allemande Aileen Frisch, championne du monde junior en 2012, y ont vu l'occasion de relancer leur carrière.

Nation olympique de second rang, la Corée ne pouvait pas se permettre une humiliation sur ses propres terres. Elle a donc commencé dès 2011 à enrôler des entraineurs et des athlètes étrangers, comme d'autres avant elle. Onze des 19 athlètes recrutés ont renforcé les équipes coréennes de hockey sur glace (7 hommes, 4 femmes). Ce qui n'a pas empêché l'équipe féminine "réunifiée" de se prendre un cuisant 8-0 dès sa première sortie samedi, face à la Suisse. Il faut dire que le pays ne compte que 300 pratiquants. Et qu'il s'aligne pour la première fois dans cette discipline lors de Jeux Olympiques.  

double nationalité

 "J'ai aimé l'idée de devenir Coréenne, et je m'amuse à nouveau", a déclaré la blonde Aileen Frisch, dans une  interview au New York Times. Ecartée de la sélection allemande pour les Jeux de Sotchi en 2014, écoeurée, elle avait arrêté sa carrière l'année suivante, à 22 ans à peine. Le salut est venu en 2016 d'un appel de Corée, qui avait recruté entretemps l'entraineur allemand Stefan Sartor. Après plusieurs dizaines d'heures de cours de langue et de culture coréenne, un déménagement et un examen réussi pour devenir citoyenne du pays, Aileen a rejoint ses co-équipières fin 2016. Une intégration qui n'allait pas de soi, reconnait-elle, parmi des joueuses plutôt méfiantes au départ.

Marissa Brandt
Marissa Brandt © JUNG YEON-JE / AFP

Plus facile, mais à peine, pour la hockeyeuse Marissa Brandt, 25 ans, née Park Yoon-jung en Corée, et adoptée par un couple d'Américains. En 2016, sur présentation de son certificat de naissance, elle obtient la double nationalité. Mais sans parler un mot de coréen à l'époque. Même écueil pour la skieuse Jackie Kling, 23 ans, née en Corée et adoptée aux Etats-Unis, qui découvrit son pays natal en 2014. "Drôle de choc culturel, quand on a l'air Coréenne, et qu'on ne parle pas la langue", témoigne-t-elle. Recrutée en 2015, elle a retrouvé sur son maillot, comme Marissa, son nom de naissance, Lee Mee-Hyun.

De belles histoires individuelles qui survivront, ou pas, à la fin des Jeux.  

David Botbol