Martin Fourcade heureux avec les anneaux olympiques en arrière-plan
Martin Fourcade a marqué les Jeux Olympiques de PyeongChang 2018 de son empreinte | FRANCK FIFE / AFP

JO 2018 - Martin Fourcade, l’homme des Jeux

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Trois médailles d'or, des émotions extraordinaires, Martin Fourcade a traversé les Jeux de PyeongChang comme un rêve. En Corée du Sud, le Français, quintuple champion olympique, est entré dans l'histoire du sport hexagonal.

Il y a dans l’histoire entre Martin Fourcade et les Jeux Olympiques un romantisme certain. Vancouver 2010, à seulement 21 ans, il décroche l’argent sur la mass start. Tout à sa joie sur le podium, il aperçoit alors son frère Simon, en pleurs. “Je suis en train de vivre le plus beau moment de ma vie tandis que lui vit le pire”, raconte Fourcade dans son autobiographie (“Mon rêve d’or et de neige”). Sotchi, 2014, Martin Fourcade est cette fois-ci une star. Champion olympique de la poursuite, comme à PyeongChang, et de l'individuel, il se présente au départ de la mass start en favori mais se contente de l’argent face à Emil Svendsen pour quelques centimètres. Jeudi 14 février, PyeongChang, les nombreux supporters français n’attendent plus qu’une balle dans la cible pour exulter. Il en reste deux au Français sur l’individuel. Deux pour faire mouche une fois. Manqué. Il faudra attendre la mass start pour que les centimètres basculent du bon côté et offrent une quatrième médaille d’or olympique (la cinquième allait suivre en relais mixte). Le plus grand athlète français de l’histoire des Jeux d’hiver (et d'été aussi, mais la comparaison fait débat) ne fait pas seulement les choses en grand, il les fait bien. C’est un pourvoyeur d’émotions quasi sans égal.

Le final fou de la mass start entre Fourcade et Schempp

Le Français le plus titré aux JO

Puisqu’il faut parfois s’arrêter aussi sur les chiffres, ceux du Catalan parlent pour lui. Il est, à cet instant, l’athlète le plus titré à PyeongChang en compagnie de Johannes Klaebo (ski de fond). En Corée du Sud, il a dépassé Jean-Claude Killy (3 titres) en tant que Français le plus titré aux Jeux d’hiver mais aussi Christian D’Oriola et Lucien Gaudin (4 titres) été et hiver confondus. S’il y a sans doute autant de réponses que d’interrogés à la question “qui est le plus grand sportif français de l’histoire ?”, Fourcade est entré dans la discussion. Ce qui en dit déjà beaucoup sur sa légende.

Fourcade, un mental hors-normes

Ses Jeux Olympiques 2018 sont à la fois à l’image de cette histoire romantique avec les JO mais aussi à son image. Rarement un athlète aura été aussi prévisible dans la rédemption. Fourcade se rate sur le sprint ? Il triomphe sur la poursuite. Il échoue sur l’individuel ? Il se relève sur la mass start. Dans les tribunes pleines les soirs de biathlon à PyeongChang, les supporters français le savaient et le disaient : “il vient de se rater, il va être énervé ce soir”. Et leur champion ne les décevait pas. Celui qu’ils nommaient plus facilement “Martin” que “Fourcade” est l’un des leurs. Et même si la note finale s’est révélée fausse avec une cinquième place sur le relais masculin dans des conditions difficiles, il n’y avait personne pour lui en vouloir. “Demain (aujourd’hui) quand on aura digéré cette déception et qu’on prendra du recul, on aura plaisir à regarder cette quinzaine” a déclaré le désormais quintuple champion olympique.

L'or de la France sur le relais mixte

A Vancouver, les téléspectateurs avaient fait connaissance avec ce talent brut à polir, à Sotchi, ils avaient vibré et souffert avec lui. A PyeongChang, rebelote, Fourcade a fait passer supporters et téléspectateurs par tous les états. “Sport de merde… mais c’est pour ça qu’on l’aime tant” écrivait-il sur son compte twitter après l’individuel. Cette ambivalence de sentiment, quand tout ne tourne pas toujours dans le même sens, est aussi la raison pour laquelle les succès de Martin Fourcade sont encore plus beaux.