Big Air

JO 2018: Big Air, big show

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Pas de française lundi aux qualifications du Big Air, après la blessure à l'entrainement de Lucile Lefevre, mais un énorme show pour la première apparition de cette nouvelle discipline aux Jeux Olympiques.

Devant un public coréen conquis, 26 snowbordeuses se sont élancées sur un tremplin pour un saut unique à grande vitesse, ponctué d'une figure acrobatique au milieu des airs, et d'une réception non moins acrobatique sur une pente très raide menant à l'arrivée. 23 mètres de dénivelé de haut en bas, des "tricks" décoiffants et des chutes, heureusement sans gravité: le spectacle a ravi les spectateurs. D'autant que contrairement à d'autres disciplines acrobatiques, le public est très près de l'action, et la vit sans avoir à regarder l'écran géant présent sur tous les sites à PyeongChang.

Un sport spectaculaire

C'est bien ce côté exhibition, agréable à regarder et facile à comprendre, qui a fait le succès public du Big Air, jusqu'à sa consécration olympique cette année sous les auspices du CIO. Avant cela, explique Mathieu Crépel, champion du monde en 2007 et consultant France Télévisions, le Big Air s'est surtout développé dans les villes, sur des installations provisoires à Milan, Munich, Séville ou Marseille, pour des évènements souvent couplés à des concerts. Il a prospéré auprès d'un public jeune, amateur de "sports alternatifs". Une communauté qui se passionne pour le surf, le skate, ou le snowboard, et à toutes leurs déclinaisons. Et consomme massivement leurs images sur internet, via des photos sur Instagram ou des videos produites par les "cadors" de ces disciplines, généralement sponsorisées par les grandes marques de matériel de glisse.    
 

Un sport jeune

Les pratiquants ? Généralement les mêmes qu'au slopstyle, discipline olympique depuis 2014, précise Mathieu Crépel. Pratiquée à ski ou en snowboard, le slopside consiste à effectuer une série de figures et sauts acrobatiques sur un parcours où se succèdent rampes, bosses et tremplins. Championne du monde de la discipline, la Française Tess Ledeux a échoué samedi, suite à une chute en qualifications. La benjamine de la délégation française, tout juste 16 ans, incarne bien la génération des pratiquants de ces nouvelles disciplines acrobatiques, dans lesquelles les "top riders" ont une vingtaine d'années. Exception faite de stars comme Shaun White, 31 ans, qui a conquis la semaine dernière son troisième titre olympique en half-pipe. 

Tout se joue sur un saut

Le Big Air est une discipline à sensations fortes, pour le public, comme pour le rider. On donne tout sur un seul saut, au contraire du half-pipe par exemple, où l'on enchaîne une demi-douzaine de figures dans les airs. "L'important est de trouver la bonne amplitude, explique Mathieu Crépel. Si le saut est trop long, on tombe, et s'il est trop court aussi".
Lundi, c'est l'autrichienne Anna Gasser, championne du monde en 2017 et vainqueur des X Games cette année, qui s'est imposée chez les femmes au termes des qualifications. Elle sera la favorite de la finale femme vendredi, avant celle des hommes samedi, qui toutes deux devraient faire le plein dans l'arène d'Alpensia. 

par notre envoyé spécial à PyeongChang

David Botbol