Sarah Michel (à gauche) et les Françaises heureuses après leur victoire contre la Turquie
La joie des joueuses tricolores après leur victoire contre la Turquie | AFP - JAVIER SORIANO

JO 2016 : France-Turquie : La Française Sarah Michel a crevé l'écran

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Les Bleues ont remporté leur premier match du tournoi olympique contre la Turquie (55-39). Une victoire au forceps et qui fait du bien. Sans leur leader charismatique Céline Dumerc, Sarah Michel a pris les choses en mains.

Il y a trois jours le basket féminin tricolore tirait la tronche. Son leader Céline Dumerc se blessait à l’entraînement et sa rupture du ligament l’obligeait à déclarer forfait pour les Jeux. Ce samedi à Rio, les sourires sont revenus sur les visages. En zone mixte, les Françaises montraient toutes leurs dents au moment de répondre aux questions. Dans la salle de la "Youth Arena", située dans le complexe militaire de Deodoro au nord-ouest de la ville, elles ont réalisé un petit exploit en dominant l’une de leur bête noire, la Turquie, qui les "battait très souvent en compétition", dixit Sandrine Gruda. "On est soulagée, souffle Valérie Garnier, parce que ce premier match donne souvent le ton de la compétition. C’était important de le gagner". Tout n’a pas été comme sur des roulettes - ce premier quart-temps terminé avec huit points au tableau d’affichage – mais l’entraîneur se félicitait de "l’humilité, de l’abnégation" affichée par ses joueuses. L’une d’entre elles, justement, a crevé l’écran.

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Contexte difficile

Avec 14 points (co-meilleure marqueuse des Bleues avec Endy Miyem), 8 rebonds, 4 interceptions, 2 passes décisives et un contre, Sarah Michel, 27 ans, a été au four et au moulin pendant tout le match. La joueuse de Lattes Montpellier a su oublier le contexte - "entrée dans la compétition, sans notre leader, face à un adversaire qui nous a battu, il y avait beaucoup de choses et tout le monde était dans la retenue" selon Garnier – a signé "son meilleur match en compétition officielle » a-t-elle avoué après la rencontre. "Être privée de Céline (Dumerc), c’était un coup dur. On était un peu stressée, a avoué l’héroïne du jour, on a bégayé sur le premier quart-temps", mais elle et ses copines ont su trouver les clés pour reprendre le fil de la rencontre.

Mais ne la mettez surtout pas en avant, ce n’est pas à elle de prendre la place laissée vacante par "Cap’s" – présente dans les tribunes de la Youth Arena –. "Aujourd’hui, j’étais en réussite (5/10 au tir dont un superbe 4/6 à trois points, ndlr), mais on sait que ça peut être n’importe qui". "On a exercé une grosse défense, on a verrouillé le rebond, c’était les clés du match", a-t-elle analysé. Le débit mitraillette de l’arrière tricolore insiste sur le collectif. Mais quand même, sortir un tel match pour une première aux Jeux, c’est forcément spécial. Quand on revient à la charge, la joueuse sourit : "c’est sûr que réussir à porter l’équipe, ça fait plaisir".

Montpellier pour progresser

La numéro 10 française Sarah Michel
La numéro 10 française Sarah Michel

Le grand public a sans doute découvert ce samedi la native de Ris-Orangis (région parisienne) mais pour l’ancienne internationale, consultante pour Francetv Sport durant les JO, Yannick Souvré, Sarah Michel est tout, sauf une nouveauté. « Je l’adore, s’enthousiasme-t-elle, je suis fan depuis longtemps. C’est une morte de faim, elle est intelligente, elle joue juste, elle fait toujours le bon choix et surtout elle est complète. Elle me fait penser à Cathy Melain (ancienne joueuse internationale tricolore, ndlr), avec le jus en plus". Pour Souvré, "l’absence de Dumerc n’a eu aucune incidence" sur l’ancienne joueuse de Nantes-Rézé. « Elle sent juste que Valérie (Garnier, ndlr) a confiance en elle et cela a un impact phénoménal sur son jeu", analyse la championne d’Europe 2001.

Arrivée dans l’Herault l’été dernier pour jouer l’Euroligue, elle a subi la décision de son club de ne pas participer à cette compétition par manque de moyens. Cela ne l’a pas empêché de devenir championne de France cette année et donc d’obtenir une deuxième chance de participer à la plus grande compétition européenne. "Il lui manque encore un shoot intermédiaire à 4-5 mètres, elle doit encore progresser techniquement, mais quand elle aura joué l’Euroligue, elle sera encore meilleure", promet Souvré.

"C’est le collectif qui a gagné"

En attendant de découvrir les sommets européens, la joueuse qui a débuté à Valenciennes, savoure de découvrir la magie des Jeux. Sandrine Gruda, l’autre leader des Bleues, passée à côté de son match (1 point à 0/3 en 16 minutes) – elle revient tout juste de blessure –, a salué sa performance : "Depuis toute la préparation, elle est en forme, elle a continué sur sa lancée, donc c’est très bien". Même discours chez Valérie Garnier "C’est pas une surprise, elle a quand même mis 16 points au Madison Square Garden (salle mythique des New York Knicks, ndlr) en préparation contre le Canada". Elle, non plus, ne veut pas porter aux nues sa joueuse et préfère insister sur la dimension collective. "Tout ce que nous apportait Céline doit désormais nous être apporté par l’équipe, c’est elle et l’état d’esprit qui la remplaceront. Ce samedi, c’est le collectif qui a gagné". Un collectif qui a, tout de même, pu compter sur Sarah Michel.