Tony Parker en discussion avec Nicolas Batum sous l'oeil de Kim Tillie (à gauche) et Rudy Gobert
Tony Parker en discussion avec Nicolas Batum sous l'oeil de Kim Tillie (à gauche) et Rudy Gobert | AFP - JEFF PACHOUD

JO 2016 : Faut-il s'inquiéter pour l'équipe de France de basket avant l'Australie?

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L’équipe de France de basket masculin entame son tournoi olympique ce samedi contre l’Australie. Un sacré morceau pour débuter alors que les Bleus, qui ont récupéré leur leader Tony Parker, restent sur trois défaites lors de la préparation. Inquiétant ?

La préparation, des défaites sans trop de contenu

Après un TQO remporté aux Philippines avec des victoires contre les Philippines (93-84), la Nouvelle-Zélande (66-59), la Turquie en demi-finale (75-63) puis lors de la dernière marche contre le Canada, privée de ses stars NBA. Un succès 83-74 qui ouvrait à la bande de Vincent Collet les portes des JO, l’ultime baroud de Tony Parker. Après cette qualification le 10 juillet, les Bleus ont coupé une dizaine de jours. Tony Parker est retourné aux Etats-Unis pour assister à la naissance de son deuxième enfant, Liam, né le 29 juillet.

Juste à temps pour permettre à 'TP' de rejoindre les Bleus qui ont connu moins de bonheur que leur leader. Après leur pause, les Bleus ont enchaîné trois matches contre la Serbie, la Croatie et l’Argentine, soit trois sélections présentes à Rio. Bilan : trois défaites. Une lourde contre la Serbie (105-88), et deux serrées contre la Croatie (76-70) et l'Argentine (86-79). "C’est toujours un peu inquiétant, a avoué Tony Parker, mais après la grosse coupure, les gars étaient peut-être moins motivés que pour la compétition". Le leader des Bleus reste toutefois confiant comme le capitaine Boris Diaw ou Nando de Colo. "Ce n’était pas inquiétant, assure ‘Babac’. Tony a dit que ça l’était ? Oui mais il n’était pas là (rires). Après le TQO, où les matches comptaient vraiment, là c’était la préparation et donc on regarde plus la façon dont on a joué que le résultat".

Le nouveau joueur d’Utah reconnait toutefois que les Bleus se sont relâchés et ont perdu leur agressivité quelque part près des Philippines. Le contenu de ses trois défaites n’a pas été transcendant entre une défense absente, notamment contre la Serbie, et une adresse en berne, face à l’Argentine (4/19 à trois points). "Cela reste des matches de préparation, insiste le joueur du CSKA, mais on a assez d’expérience pour se remobiliser". Le meilleur basketteur français de la saison écoulée préfère noter la montée en puissance encourageante des Bleus au cours de ses trois matches. "On a eu un manque d’agressivité contre la Serbie, c’était mieux contre la Croatie mais on n’a pas respecter des détails collectifs et puis on a fini par un match plutôt complet contre l’Argentine même si ce n’était pas suffisant".

L'Australie, un gros morceau d'entrée

Pour leur entrée en lice, les Bleus de Vincent Collet se frottent à l’Australie qui est venue avec l’armada NBA. "C’est une équipe très, très forte, la meilleure pour eux depuis longtemps", estime Tony Parker. Le meneur sait de quoi il parle, puisqu'il côtoie tous les jours dans le Texas, Patty Mills. Le meneur et leader offensif des "Boomers", meilleur marqueur des JO de Londres (21,2 points) sera accompagné de ses trois compères des parquets américains Andrew Bogut (Golden State Warriors), Matthew Dellavedova (Cleveland Cavaliers, champion NBA en titre) et Aron Baynes (Detroit Pistons). "Cela sera un candidat pour la médaille", assure le meneur tricolore qui s’attend à un match physique. Les Australiens ont la réputation de jouer dur et de "beaucoup miser sur leurs qualités athlétiques" (Diaw).

Avec leur paire de pivots Baynes et Bogut – un "gros joueur NBA" dixit Joffrey Lauvergne, champion NBA avec les Warriors en 2015 – qui culmine à 2m08, les raquettes vont ressembler à une belle foire d’empoigne. "Leurs intérieurs prennent de la place et jouent avec beaucoup d’agressivité", prévient Nando De Colo. L’agressivité, justement ce qui a manqué aux Bleus pendant les trois derniers matches où ils ont "trop laissé les adversaires s’installer" (De Colo). Leur puissance physique ne doit pas faire oublier leur qualité de jeu. "Ils sont méthodiques et ils peuvent prendre feu", prévient Boris Diaw. Les Bleus ont plutôt une mauvaise expérience des "Boomers" qui restent sur trois défaites sur les quatre derniers matches amicaux entre les deux équipes. Mais la dernière confrontation le 24 août 2014 à Strasbourg avait été remportée par la France (73-50). Les recettes pour les battre, les Bleus les connaissent : agressivité et mobilité. Dans l'optique du quart de finale, ce premier match sera primordial pour éviter un très gros de l'autre groupe.

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De Colo, le facteur X

Nicolas Batum encore en rodage mais qui monte en puissance, Tony Parker moins omnipotent en attaque, Rudy Gobert surtout là pour dissuader sous la raquette, les clés de l’attaque tricolore sont désormais dans les mains de Nando de Colo. Seul homme à pouvoir alimenter la marque durablement et régulièrement durant le TQO (meilleur marqueur français avec 17,2 points de moyenne) et la préparation (20 points contre l’Argentine, 17 points contre la Croatie), le MVP de la saison d’Euroligue et du Final Four, champion d’Europe avec le CSKA est conscient du poids qui pèse sur ses épaules. Mais le joueur reste tranquille pour analyser son évolution : "Après Londres, j’ai passé deux saisons à chercher du temps de jeu en NBA. J’ai saisi les opportunités au CKSA, j’ai eu des responsabilités et les choses ont suivi en Bleu". Il ne parle pas forcément de déclic, mais d’un changement naturel. "C’est bien d’avoir la confiance des coaches, mais encore faut-il prouver sur le terrain. J’ai su le faire et je l’ai montré à l’Euro". En France, l’été dernier il avait déjà terminé meilleur marqueur des Bleus (13,2 points) et avait été élu dans le meilleur 5 de la compétition. Le parcours des Bleus dépendra évidemment des prestations de ses cadres dont fait désormais partie intégrante le Nordiste.