JO 2016 : Après Pérec et Flessel, la Guadeloupe offre avec Riner un troisième porte-drapeau

JO 2016 : Après Pérec et Flessel, la Guadeloupe offre avec Riner un troisième porte-drapeau

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En 20 ans, c’est la troisième fois qu’un Guadeloupéen est désigné porte-drapeau pour les Jeux. Après Marie-José Pérec et Laura Flessel, c’est Teddy Riner qui représentera les 395 autres athlètes de la délégation. Un honneur pour lui et pour cette petite terre française des Caraïbes. Retour sur le parcours de ces trois champions.

Nous sommes le 19 juillet 1996, à Atlanta. Une femme est porte-drapeau de la délégation française pour la deuxième fois de l’histoire, après la nageuse Christine Caron en 1968. Elle a 28 ans et s’appelle Marie-José Pérec. 4 ans auparavant, elle remportait aux Jeux d’Atlanta le titre olympique sur 400 mètres devant la tenante du titre, l’Ukrainienne Olga Bryzgina. Elle devient la première championne olympique guadeloupéenne.

Pourtant, rien ne l’y prédestinait. Née en 1968 à Basse-Terre, elle passe sa jeunesse en Guadeloupe. Et bien que douée pour l’éducation physique, le sport l’intéresse assez peu. C’est par l’intermédiaire d’un de ses professeurs d’EPS qu’elle découvre l’athlétisme qu’elle arrêtera assez vite. Ce n’est qu’en 1987 qu’elle y revient. Et les succès vont s’enchaîner.

La consécration de "la gazelle"


L’or au championnat du monde de Tokyo en 1991. L’or aux JO de Barcelone donc où elle passe pour la première fois sous la barre des 49 s. L’or encore aux championnats d’Europe d’Helsinki en 1994, sur le 400 et le 4 x 400 mètres et aux championnats du monde de Göteborg en 1995.


Et en 1996, c’est la consécration. Elle devient la première athlète à remporter deux fois consécutivement le titre olympique sur 400 mètres devant l’australienne Cathy Freeman. La gazelle, comme elle surnommée, ne s’arrêtera pas là. L’athlète, qui avait décidé de doubler, avec son entraîneur américain John Smith, le 400 et le 200 s’imposera aussi en finale en dominant dans les derniers mètres la Jamaïcaine Merlene Ottey. Une performance qui lui permettra de rejoindre dans les annales la performance réalisée par l’Américaine Valérie Brisco-Hooks, en 1984. La "divine" est née.

"La guêpe" pique deux fois


L’année de son double sacre, une autre Guadeloupéenne va casser la baraque. Une jeune femme de 25 ans, née à Pointe-à-Pitre et pour qui l’escrime est une vraie vocation, commencée dès l’âge de six ans. Laura Flessel va devenir la première femme championne olympique d’épée, face à sa compatriote Valérie Barlois qu’elle bat facilement en finale 15 à 10. Ensemble, elles iront aussi au bout de la compétition par équipe avec Sophie Moresse-Pichot, en remportant l’or.

S’en suivront un titre de champion du monde en individuel et en équipe à la Chaux-de-Fonds en Suisse en 1998 et un titre en individuel à Séoul en 1999. Un palmarès exceptionnel qui lui vaut d’arriver à Sydney en position de grande favorite. Mais elle échoue finalement en demi-finale face à la Hongroise Timea Nagy, qui deviendra son bourreau. Elle repart toutefois de Sydney avec le bronze.

Quatre ans plus tard, à Athènes, elle parvient jusqu’en finale, bien décidée à prendre sa revanche sur Timea Nagy. Mais la Hongroise s’impose à nouveau pour décrocher un deuxième titre olympique consécutif en individuel. Sa quatrième campagne olympique en 2008 à Pékin marquera un tournant dans sa carrière. Elle en repart pour la première fois sans médaille, comme en 2012 où elle est le porte-drapeau de la délégation française.

Invincible à 23 ans


Derrière elle, un autre Guadeloupéen est favori, à 23 ans seulement, pour conquérir un premier titre de champion olympique. L’enfant de Vieux-Habitants, qui devenait en 2008 le plus jeune champion du monde de judo de l’histoire mais qui sortait la même année à Pékin d’une petite désillusion en ne repartant "qu’avec la médaille de bronze", entend bien décrocher l’or. Et ce sera chose faite.

Teddy Riner remportera le seul titre qui manquait à sa jeune carrière. Le plus beau, en s’imposant en finale contre le Russe Alexander Mikhaylin par waza-ari. C’est lui qui, après avoir glané un huitième titre mondial en 2015, se présente à Rio en tant que porte-drapeau pour décrocher une deuxième couronne olympique et rejoindre ainsi au palmarès David Douillet.

"Ça fait vraiment plaisir de voir Teddy représenter la délégation. Être porte-drapeau, c’est une vraie responsabilité et un vrai honneur. C’est la troisième fois qu’un athlète de Guadeloupe est désigné. C’est magnifique pour une petite île comme la Guadeloupe", a d’ailleurs déclaré à nos confères de l’Équipe 21 Marie-José Pérec, ce mardi 2 août. C’est l’autre Guadeloupéenne médaillée d’or aux Jeux, Laura Flessel, qui a remis symboliquement son drapeau à Riner, dimanche sur les Champs-Élysées.

Boris Courret