Jeux olympiques de Tokyo : "pour le moment, leur organisation est possible" explique Dick Pound, doyen des membres du CIO

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Auteur·e : Thierry Vildary
Dick Pound, ancien président de l'Ama et membre du CIO
Dick Pound, ancien président de l'Ama et membre du CIO, assiste ici à une conférence de la lutte antidopage le 7 novembre 2019 à Katowice, en Pologne. | AFP - Dominika Zarzycka / NurPhoto

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À six mois des Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet - 8 août), l’inquiétude est toujours aussi forte autour de leur tenue. Si le comité d’organisation japonais est optimiste, l’accueil de 16 000 athlètes dans la capitale nippone comporte son lot d’incertitudes sanitaires. Doyen du Comité international olympique et membre fondateur de l'Agence Mondiale Antidopage, Dick Pound estime que la tenue des JO est, “pour le moment”, possible. L’ancien nageur se confie à France TV Sport.

Vous vous êtes exprimé en faveur d'une vaccination pour les athlètes qui se rendront à Tokyo pour les Jeux olympiques cet été. Doit-on comprendre que sans elle, cela sera plus compliqué pour y accéder ?
Dick Pound :
"Pour moi cela serait fou d’y aller sans vaccination car cela augmente les risques. J’ai suggéré qu’après les cas d’urgence, chaque pays doit faire un calendrier de vaccination et j’ai dit : 'n’oubliez pas les équipes olympiques, il faut les protéger si possible'."

Selon vous, quel est aujourd'hui le pourcentage de chances que les Jeux olympiques aient lieu cet été comme prévu ?
DP :
"C'est difficile de donner un chiffre. Selon les informations que l'on possède en ce moment, cela doit être possible (de les organiser). Il y a des ajustements à faire pour chaque sport mais c’est possible."

Quels sont les principaux risques auxquels doit faire face le comité d'organisation ? Comment assurer une sécurité sanitaire optimale ?
DP :
"Le principal risque est que l'épidémie de Covid-19 progresse. C’est tout le défi, de bien contrôler le virus. Il faut être testé avant de partir à Tokyo et une nouvelle fois lors de l’arrivée. Tous les jours au village olympique également. Il faut créer un espace capable de protéger tout le monde : entraîneurs, athlètes, officiels... Et cela doit être possible. On va encore avoir de nouvelles informations au fil des semaines sur le virus donc c’est une décision (sur la tenue ou non des JO) qu’on ne doit pas prendre en janvier ou février."
 

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On a vu que des bulles sanitaires ont été organisées sur le Tour de France, à Roland-Garros également. Est-ce que celles-ci sont viables sur des grands événements comme les JO qui vont accueillir près de 16 000 athlètes et de très nombreux spectateurs ?
DP :
"Je suis fiscaliste, pas médecin, mais j'ai des doutes pour ce qui est du public. Peut-être avec une jauge de 10-20% de spectateurs quand même. Aux États-Unis ils vont organiser le Superbowl avec 22 000 spectateurs dans une enceinte de près de 70 000 places."

Y-a-t-il une date limite quant à l'annonce du maintien ou non des JO ?
DP :
"Il faut décider avant que les médias arrivent avec leur matériel. Peut-être mai ou mi-juin ? Ça va dépendre des circonstances sanitaires."

"99,8% des gens regardent les JO à la télévision. L’absence de spectateurs ce n’est pas le plus difficile"

Quelles seraient les conséquences pour le mouvement sportif s'il n'y avait pas de JO ?
DP :
"Ce serait une grande déception. Mais ce ne sera pas la fin du sport international, il faut continuer avec les JO d’hiver qui arrivent ensuite. Le monde va continuer. Il faut chercher des solutions. Il y a beaucoup de difficultés mais c’est notre rôle de les surmonter. Et il est possible qu’on puisse procéder à des aménagements sans des foules énormes. 99,8% des gens regardent les JO à la télévision. L’absence de spectateurs, ce n’est pas le plus difficile. Pour les athlètes c’est un peu dur, mais s’il faut choisir entre avoir des Jeux sans spectateurs ou une annulation des Jeux, le choix est vite fait."

Avec Xavier Richard et Quentin Ramelet

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Thierry Vildary thierryvildary