Parc Olympique Barra
Le parc olympique de Barra est encore en travaux à Rio | AFP - LUIZ SOUZA

A J-100, Rio a encore des soucis à régler

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A 100 jours de l’ouverture des Jeux Olympiques (5 au 21 août), Rio est toujours en plein préparatifs. Entre une crise politique qui prend de l'ampleur, certaines enceintes sportives toujours pas terminées et l’insoluble problème des transports, la ville est en effervescence. Mais pas forcément pour les bonnes raisons. Etat des lieux.

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Les travaux : des retards pas insurmontables

La ville de Rio vit depuis plusieurs mois au rythme des test-event, ces épreuves de préparation grandeur nature en amont des JO. Toutes les disciplines y ont droit. Toutes ? Non, car parfois le retard dans la construction des sites en empêche la tenue. C’est le cas du vélodrome situé dans le Parc Olympique de Barra. Son état est jugé "préoccupant". Les épreuves-test prévues du 30 avril au 1er mai ont été annulées, la livraison de l'enceinte étant prévue fin mai selon Mario Andrada, porte-parole du comité Rio 2016. "On ne pourra pas tester la piste avant la troisième ou la quatrième semaine du mois de juin, a déploré Vincent Jacquet, le DTN du cyclisme français, la piste n’a pas pu être montée car la climatisation et l’aérothermie de la sallle n’a pas pu être faite. Il le faut pour que le bois puisse être positionné". La date d’achèvement est le 31 mai. "Les jours d'entraînement ouverts seront les 25-27 juin", a précisé Nawal El Moutawakel, la présidente de la commission de coordination (Cocom) des JO.

 

 

L’autre point noir concerne le site d’hippisme dont l’état est également jugé "préoccupant". En revanche, les site de Lagoa pour les épreuves de canoë et d’aviron et l’enceinte de tennis seront terminés. "Seul persiste la crainte de la pollution pour la Lagoa", rapporte Fanny Lothaire, journaliste française basée à Rio qui collabore avec France Télévisions. Reste quelques détails à régler, comme ceux qui ont occasionné des retards lors du tournoi de qualification olympique féminin de gymnastique artistique, le 17 avril, ou lors du tournoi Maria-Lenke de natation, qualificatif pour les nageurs brésiliens le 20 avril, ou encore le stade olympique Joao Havelange qui accueillera l'athlétisme. "On est en train d'installer la piste, qui devra ensuite être homologuée par la Fédération internationale (IAAF)", assure le comité organisateur, qui précise que "cela ne représente aucun risque pour le calendrier, il y aura un test en mai". En résumé, Rio devrait être prête le jour J. Le CIO par la voie de la présidente de la commission de coordination (Cocom) des JO, Nawal El Moutawakel, s’est voulu rassurant : "Le CIO travaille très dur pour que les délais soient respectés, et sur ce plan nous sommes en avance dans beaucoup d'opérations".

Voir : la carte des sites de Rio et l'avancée des travaux 

Les transports : il y a urgence

Rio, ses 6,5 millions d’habitants, sa superficie de 1260 km², ses bouchons, risque d’être un casse-tête logistique durant le mois d’août. Pour y remédier, la ville a vu les choses en grand. Une nouvelle ligne de métro, 156 km de couloirs de bus express (BRT) modernes et 28 km de tramway. Coût total (hors métro): 9 milliards de réais (environ 2,25 mds EUR) investis par la mairie. L'objectif est d'offrir à 63% de la population un accès aux transports publics, contre 18% il y a sept ans. Et bien sûr de réduire la circulation des voitures et des bus. Mais malgré cette politique de grands travaux, "les transports sont la plus grosse inquiétude", éclaire Fanny Lothaire. Contactée un jour où elle s’apprêtait à aller tourner un reportage au Parc Olympique, elle raconte qu’elle allait "mettre entre 1h30 et 2h pour faire une vingtaine de kilomètres". Si pour les médias et les athlètes, il y aura des voies réservées (comme à Sotchi lors des JO d’hiver 2014), les Cariocas et les touristes devront sûrement s’armer de patience. D’autant plus que la nouvelle ligne de métro prévue pour les JO est loin d’être terminée.

Les travaux dans le métro continuent encore sous le sol de Rio
Les travaux dans le métro continuent encore sous le sol de Rio

En février dernier, Eduardo Paes avait admis dans un courriel que s’était procuré le quotidien O Globo qu’il existait un "risque élevé" que l’extension du métro 4, le métro "olympique", ne soit pas achevé à temps. Cette ligne 4 devrait permettre de relier le parc olympique en 13 minutes au lieu de perdre 2h en voiture. "Les transports étaient la plus grosse partie du budget pour l’aménagement de la ville, rappelle la Française, mais il y a eu une réduction de 30% des investissements privés", éclaire Fanny Lothaire. Les paroles optimistes de Rodrigo Vieira, secrétaire aux Transports de l'Etat de Rio - "je garantis que le métro sera opérationnel pour les jeux Olympiques" - ne rassurent personne. Ce n'est que mi-avril qu'a débuté le percement complet du tunnel. En attendant, les 5 (cérémonie d'ouverture) et 18 août ont été décrétés fériés et les vacances scolaires décalées de juillet à août pour réduire la circulation.

Vidéo : le point sur les installations

La sécurité : Rio sera prête

Tout le monde a encore en image les manifestations monstres avant le Mondial 2014. La crainte étant de revivre la même chose pendant des Jeux, dont le budget a augmenté de près de dix milliards de réais (2,3 milliards d’euros) en sept ans. "On a tous eu peur pendant le Mondial, mais il n’y a eu aucun accroc", tempère Fanny Lothaire. "La sécurité sera efficace. Les Cariocas ne comprennent pas cette défiance. Rio est une des villes les plus touristiques du monde. Ils organisent tous les ans le Carnaval de Rio et chaque 31 décembre, il y a un million de personnes sur la plage de Copacabana". Pour les JO et pour gérer une menace nouvelle pour les Brésiliens, le terrorisme, les policiers ont été formés par le GIGN, les CRS, le FBI et les Israéliens. "S’ils ont tendance à avoir la matraque facile habituellement, avec cette formation les policiers seront mieux préparés", souligne la journaliste. Ils seront 60000 policiers et militaires à Rio pendant les Jeux.

En fait, la véritable crainte est pour l’après JO car le budget sécurité pour l’année 2016, initialement estimé à 12 milliards de réais (2,8 milliards d’euros), a été rogné de 2 milliards (476 millions d’euros). "C’est énorme. Une partie des effectifs attend encore son salaire et des derniers mois et l’autre sait qu’elle n’aura pas d’augmentation après les JO". Quand ces hommes ne toucheront plus leur salaire, les problèmes pourraient surgir. La sécurité reposera aussi sur les 3000 caméras disséminées un peu partout dans la ville et un centre de surveillance ultraperfomant.

Zika : un non-problème?

A moins de cinq mois des Jeux, la menace Zika plane toujours sur Rio. Officiellement, le virus s’est propagé dans tous les états du Brésil. Une application pour smartphone va être mise en circulation pour surveiller le virus. Sans vaccin, les autorités brésiliennes encouragent tout de même à venir supporter les Jeux, mais à ne pas tomber malade. Elles conseillent aussi de bien vérifier les assurances-rapatriement. Toutefois, le mois d’août correspondra à l’hiver au Brésil, période où les températures baisseront et où les moustiques seront moins nombreux.

La carte des sites de Rio 2016 sport par sport
La carte des sites de Rio 2016 sport par sport