Gneto
La judokate Priscilla Gneto | AFP - FRANCK FIFE

Gneto arrache le bronze

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Priscilla Gneto a remporté la médaille de bronze lors de la finale de repêchage face à la Belge Ilse Heylen. La judokate de 20 ans apporte une deuxième médaille à la délégation française après l'argent de Céline Goberville au tir au pistolet.

De la dynamite dans les jambes et les bras, un sourire ravageur, la jeune judokate d'1,63m et 52 kilos a brillé par ses fulgurances spectaculaires à l'image de son ippon en finale de repêchage pour décrocher une première médaille internationale, la première de l'équipe de France de judo. Une belle surprise qui fait (un peu) regretter le combat perdu en quart de finale aux pénalités. Timide pour son entrée en lice face à la Chinoise Hongmei He avec une victoire au golden score grâce à un o-uchi-gari, un fauchage intérieur, pour marquer un wazza-ari, Gneto a ipponisé la Portugaise Joana Ramos sur ippon grâce à un mouvement de hanche harai-goshi, son spécial.

Une défaite en quarts frustrante

En revanche, cette surdoué du judo a buté sur la vice-championne olympique en titre la Nord-Coréenne Kum Ae An, âgée de 32 ans, qui avait éliminé la favorite de la catégorie, la Japonaise Misato Nakamura, championne du monde en 2011 et 2009.  Dans un randori très tactique et sans attaque, les pénalités ont départagé les combattantes. La Française a pris un yuko d'avance avant de subir un flot de pénalités. Elle s'est vu infliger un premier avertissement pour non combativité. Revenue à égalité, elle a écopé d'une seconde pénalité pour une fausse attaque à 56 secondes de la fin du combat et perdu la bataille. Frustrant.

Déçue mais pas abattue, cette fille d’un ancien footballeur international, Gnéto Kpassagnon, ex-sociétaire de l’Africa Sports d’Abidjan et d’une internationale de handball a montré un mental hors-norme pour aller chercher une médaille. Avec son judo puissant et dynamique, la jeune Corse étudiante en info-com (option journaliste) a battu la Sud-Coréenne Kyung-Ok Kim en repêchages. Dans un combat tactique encore fermé, les deux judokates, d'abord la Belge puis la Française, ont été pénalisées. Au golden score, elle a infligé un ippon à la Belge grâce à harai-goshi. "Pas besoin d'avoir peur" a-t-elle déclaré après une journée où elle a imposé son judo aux cadors de la discipline. La cinquième aux championnats du monde à Paris en 2011 et deuxième au Grand Slam de Tokyo ouvre son compteur de médaille. A presque 21 ans (le 3 août), elle a l'avenir devant elle. "J'espère bien", a-t-elle souri. 

Le combat de Priscilla Gneto

La joie de Priscilla Gneto

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Larose en vacances

En revanche, l'autre Français du jour engagé en moins de 66 kg, David Larose, n'a pas réussi à faire mieux qu'un huitième de finale. Après avoir battu l'Israélien Golan Pollack avec un yuko sur uchi mata, littéralement un "fauchage dans l'intérieur des cuisses"  lors du tour préliminaire et  "ipponisé" le Roumain Dan  Fasie, le vainqueur du Tournoi de Paris en 2012, ancien champion du monde junior, est tombé devant le Géorgien Lasha Shavdatuashvili sur ippon  durant le Golden score et n'a pas pu ainsi prétendre aux repêchages, accessibles  seulement aux perdants des quarts de finale.

"J'étais bien parti lors des combats précédents mais, lui, je ne suis pas arrivé à le fixer. Il y a un sentiment d'impuissance car il est très grand, je n'arrive pas à placer mon spécial et je passe mon temps à essayer de ne pas prendre o-uchi-gari", a dit le Français. "Maintenant, on va partir sur une nouvelle Olympiade mais avant, j'ai surtout besoin de vacances car depuis trois, quatre ans, ça a été beaucoup de sacrifices. Je n'ai vu ma femme et ma fille qu'une dizaine de jour cet été" Champion du monde par équipe en 2001, vainqueur du Grand Chelem de Paris cette année, David Larose, qui disputait ses premiers JO, n'a toujours pas connu le succès dans un grand championnat. "J'espérais débloquer mon compteur aujourd'hui. C'est raté donc oui, je continue jusqu'à Rio". 

Mathieu Baratas