Fabien Gilot
Le sprinteur Fabien Gilot | AFP - RAYMOND ROIG

Gilot: "La plus belle des compétitions"

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Pour la troisième fois de sa carrière, Fabien Gilot va participer aux Jeux Olympiques. A Londres, pour la première fois, il sera l'un des cadres de la délégation bleue, à 28 ans. Un statut qu'il endosse, comme toujours, avec le sourire.

Cela fait bien longtemps que Fabien Gilot est en équipe de France. Mais avec la non-qualification de Frédérick Bousquet, et la présence d'Alain Bernard uniquement en relais, tandis que Yannick Agnel fera ses premiers pas aux JO, il prend une nouvelle dimension. "J'ai un petit rôle de taulier", avoue-t-il humblement. "C'est comme toujours quand on s'approche de la fin de sa carrière. J'essaye d'amener ma pierre à l'édifice. Je crois que les jeunes me respectent. Alors, si je peux leur donner quelques trucs que j'ai compris... Cela fait presque dix ans que je suis dans le relais."

Tout au long de ces années, le Marseillais a vécu entre ombre et lumière. Pendant longtemps, il semblait être abonné aux grandes performances, mais uniquement hors des grands rendez-vous. "J'ai changé. Rendez-vous cet été", prévient-il avec assurance. Cette assurance née avec les relais (3 médailles de bronze mondiales, deux d'argent, une médaille d'argent olympique à Pékin, et une d'or à l'Euro en 2010), et amplifiée par les chronos qui descendent depuis longtemps. "Mon état de forme monte de semaine en semaine. Mon état de forme n'a peut-être jamais été aussi bon." Et d'annoncer: "Une choses est sûre: je serai au top de ma forme. Je suis confiant." La fatigue, les doutes, ils seront effacés: "Je ne peux pas être plus fatigué que cet hiver. On avait fait le choix de couper la saison en deux pour récupérer le temps perdu avec ma blessure l'an dernier." A force de travail, il s'est forgé un moral de vainqueur, une confiance inébranlable.

A l'approche de la trentaine, Fabien Gilot a désormais une bonne idée des clés pour gagner des courses importantes."Le 100m est devenu beaucoup plus stratégique qu'avant car il y a beaucoup plus de densité. Ce qu'il y a de certain, c'est que tout le monde peut aller vite à l'aller. Mais il faut être très fort au retour. Il faut donc faire un aller le plus intelligemment possible, pour rester au contact." A Londres, il a déjà son scénario: "Ca va partir vite. Les temps de passage ne seront pas les plus importants. Et il faudra voir ceux qui seront solides en chambre d'appel." Au royaume des sprinteurs, la chambre d'appel est un ring, un endroit où chacun essaye de prendre le dessus psychologiquement. Chacun à sa manière. Et dans ce domaine, le fait qu'il participe à ses 3e JO peut compter: "C'est la plus belle des compétitions. Mais ça reste une compétition. Il faut la mettre sur un piédestal, mais pas trop non plus."