Tony Parker sous le maillot bleu
Le joueur de l'équipe de France, Tony Parker | AFP - EMMANUEL DUNAND

France-Serbie : La dernière de Tony Parker à Paris a eu un goût amer

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Pour son dernier match international devant le public parisien, Tony Parker rêvait sûrement d’un autre scénario. La défaite contre la Serbie a sanctionné une équipe de France pas assez tueuse. Le leader des Bleus lui a couru après son adresse et ses sensations. Mais il ne voulait pas s’alarmer après ce revers car il sait que lui et son équipe vont monter en puissance.

"C’est pas un jubilé non plus, c’est un vrai match de préparation". Boris Diaw a voulu ramener tout le monde à la raison en conférence de presse d’après match. Oui c’était bien la dernière de Parker à Paris sous le maillot bleu, mais il n’était pas question de jouer des rencontres face à des sparring-partner. Le staff tricolore avait choisi la Serbie pour préparer le TQO justement parce que ça "allait être un match difficile et c’est ce qu’on voulait" a rappelé le capitaine tricolore. Une opposition de choix donc pour le premier match de Tony Parker dans cette préparation qui doit mener la France jusqu’à Rio. Le meneur des Spurs a bien pris le premier shoot affichant son envie de bien faire. Mais fâché avec son adresse, il a surtout fait jouer les autres (6 passes décisives). Son 1/11 (un trois points) a été embelli par son 100% sur la ligne des lancers-francs (7/7). Il a fini la rencontre avec 10 points et n’a pas réussi à peser dans les dernières secondes, subissant presque de l’extérieur la remontée des Serbes et assistant, toujours de loin, à l’altercation au cœur du troisième quart-temps, qui a changé le cours de la rencontre.

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Parole à la défense

Face au micro, Tony Parker n’est pas apparu plus touché que ça après cette défaite. Une poche de glace sur le genou, il a fait le bilan de son premier match international après un mois de juin mouvementé entre le sacre de Villeurbanne et un aller-retour aux Etats-Unis pour voir sa compagne qui attend leur deuxième enfant. "On s’est bien battu mais on a manqué de concentration, on n’a pas fini le match alors qu’on était à +15", a-t-il déclaré. Les explications de cette baisse de régime en fin de match ? Le manque de préparation, tout simplement. "On n’a fait que deux entraînements, c’était difficile de jouer une grosse équipe comme la Serbie, mais on peut être satisfait même s’il y a encore beaucoup de choses où l’on doit progresser". Où trouver du positif de cette soirée? Il fallait chercher ces éléments de satisfaction dans les gradins déjà.

Pas mal de people comme le rappeur Oxmo Puccino, l’ancienne Miss France Sonia Rolland, la basketteuse française Sandrine Gruda ou les humoristes Kyan Khojandi et Baptiste Lecaplain étaient venus voir TP et les Bleus. Ils ont participé à la fête et à l’ovation réservée au numéro 9 à l’annonce de son nom par le speaker. "L’ambiance était géniale, c’était un match particulier et j’ai eu pas mal d’émotions", a-t-il assuré. Quoi d’autre ? La défense. Diaw l’a assuré, "Tony a pris du plaisir à jouer ce match engagé, c’est là qu’il prend son pied". A l’image de leur leader, les Bleus n’ont pas rechigné dans les tâches obscures. "Je lui ai donné un satisfecit, a avoué Collet, car au début de troisième quart-temps il s’est employé, il a pressé la balle alors qu’il n’a pas toujours fait ça dans les matches amicaux. C’est le signe qu’il voulait montrer le chemin aux autres. C’était très important pour cette équipe". Résultat, malgré la défaite, les Bleus ont laissé les Serbes à 43% de réussite, un motif de satisfaction pour Collet.

Nouveau rôle ?

L’année dernière avant l’Euro et même pendant, Vincent Collet avait ménagé Tony Parker, le laissant souffler plus souvent pendant les matchs. Ce soir, il a été le joueur le plus utilisé (28’45) devant Boris Diaw (28’26). Signe d’une volonté de responsabiliser plus fortement Parker. Pas forcément à en croire Collet. "Il n’est pas dans les mêmes conditions que l’an passé, a expliqué le sélectionneur. Il y a très peu de matches de préparation, il n’en reste que deux. En plus ce n’est pas la même longueur qu’un Euro. On est dans une compétition courte qui se termine le 10 juillet". Entre les lignes, on comprend que Vincent Collet veut que sa star retrouve du rythme rapidement. Car le temps presse. Et s’adapte également, peut-être, à un nouveau rôle. Ce soir, les leaders offensifs ont été Diaw évidemment, mais aussi Thomas Heurtel et Nando De Colo. Ses nouvelles armes tombent à pic et ouvrent le débat.

"C’est dans la réflexion, les matches de préparation vont nous permettre d’affiner, a estimé Collet. Tony a aussi répondu sur le terrain en lançant sur orbite plusieurs fois Thomas (Heurtel, ndlr) et Nando (De Colo, ndlr)". Ce cinq "small ball" avec deux ou trois arrières de petite taille, qui a bien fonctionné face aux Serbes en début de seconde période, est une piste à creuser. Les prochains jours et la multiplication des entraînements vont aider. L’éloignement aussi, selon Tony Parker, qui n’était pas mécontent de mettre bientôt les voiles vers les Philippines où se déroulera le TQO. "On va être tranquille, il n’y aura pas la famille, les amis, les sollicitations et je pourrai me concentrer sur les Bleus", a souri le joueur texan. Quoiqu’il en soit, leader offensif ou leader collectif, Collet pourra compter sur sa star prête "à tout faire pour que l’équipe gagne et aille chercher une médaille aux JO".

Benoit Jourdain @BenJourd1