Martin Fourcade, JO, médailles
Martin Fourcade et ses trois médailles olympiques de Sotchi | FRANCK FIFE / AFP

Fourcade: "Quatre années de sacrifices"

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De passage à France Télévisions, Martin Fourcade a pris le temps de revenir sur ses deux sacres olympiques en poursuite, en individuel et sa médaille d'argent en mass start. Le triple médaillé des Jeux de Sotchi a également évoqué son retour en France, son avenir et son amour du biathlon. Jusqu'aux JO de PyeongChang, le Pyrénéen a de nombreux globes de cristal et trois championnats du monde à conquérir dans sa discipline. Avec un petit détour par le ski de fond?

Retrouvez l'interview de Martin Fourcade dans "Tout le Sport" ce soir à 20h

Son retour en France

Avant, peu de personnes me reconnaissaient dans la rue. Désormais, 90% des gens m’identifient. Ca fait un peu de bizarre de sentir tous ces regards sur moi. C’est un peu étrange de sentir de la présence dans ton dos quand tu regardes ton téléphone. Aux Jeux, on court pour la France alors qu’en Coupe du monde c’est pour nous. Je ne m’étais pas rendu compte de cet élan patriotique.

Sa première médaille d'or 

C’est une libération, une joie, un bonheur. Le résultat de quatre années de sacrifices. Avec ce premier titre j’ai atteint mon but. Pendant la course j’ai ressenti de l’euphorie, de l’électricité même. Mon bras levé suite au dernier tir ce n’était pas de l’arrogance mais le désir de partager ce moment avec mon équipe et le public. Sur la poursuite, j’ai tout maîtrisé du début à la fin. Tout me réussissait, c’était facile. Sur le dernier tour, je savais que j’étais champion olympique mais il fallait valider le résultat. J’ai eu peur car il ne pouvait m’arriver qu’un truc de mal…

Vidéo: La victoire de Fourcade sur la poursuite 

Son moteur 

Je suis fan de sport et passionné par l’olympisme. Ces titres olympiques c’est le lien entre un rêve d’enfant et une fierté d’adulte. Pour ma deuxième médaille sur l’individuel, j’étais libéré, naturel. Alors que sur la première, il y avait beaucoup de pression et d’attente. On m’avait beaucoup parlé de Killy. Mais moi je cours parce que je suis amoureux de mon sport. Le biathlon, c’est ma passion.

Son sprint avec Svendsen à l'arrivée du mass start

Je fais une erreur. Dans le virage, je mets trop de temps à répondre à l'attaque de Svendsen et je me retrouve à 5 mètres. Je n’en ai rattrapé que 4,97… Je me décale à droite dans le virage parce que c’est le chemin vers le pas de tir et la neige était plus lisse. Mais je n’ai pas de regrets parce que j’ai tout donné, j’ai poussé mon corps au maximum. Je n’avais plus rien à prouver et j’ai quand même été jusqu’au bout.

Vidéo: La victoire de Svendsen sur le mass start

Ses Jeux olympiques

Les Jeux, c’était énorme. Ca fait quatre ans que je travaille et que je mets tout en place. Tous les sacrifices que j’ai faits ont été récompensés même si c’est aussi une superbe aventure humaine. Ces Jeux c’est quatre ans de douleurs pour une semaine d’extase. Rien n’a changé depuis que je suis champion olympique. Je suis apaisé en tant que sportif parce que j’avais peur d’arrêter ma carrière sans titre olympique. Je savais que j’avais le potentiel mais je connaissais aussi le caractère exceptionnel d’un sacre olympique. Je suis un sportif comblé et un homme heureux. J’ai fait le tour de mon sport en termes de titres mais pas d’émotions.

Ses objectifs futurs

J’ai une saison à finir lors des trois prochaines semaines (trois manches de Coupe du monde à Poklujka, Kontiolahti et Holmenkollen) . Je veux terminer en apothéose avec le général de la Coupe du monde. Ensuite, je participerai à des célébrations. Puis, à partir d’avril, je repartirai sur un cycle de quatre années. D’ici les prochains JO, il y aura trois championnats du monde de biathlon et pourquoi pas la Coupe du monde de ski de fond. Je suis un compétiteur né, j’ai besoin de défis pour repousser mes limites. Le 10 février, après ma victoire sur la poursuite, j’ai eu peur de perdre l’envie après avoir accompli mon rêve. Mais tant que je l’aurais, je continuerai.

Bjoerndalen et Lamy-Chappuis

Bjoerndalen est un champion hors norme. Revenir à un tel niveau après deux ans au fond du trou, je ne l’aurais pas fait. Surtout à 40 ans et lorsque je connais les sacrifices à faire. Pour arriver à son âge, il faudrait que je ski encore 15 ans. C’est inimaginable. Concernant Jason (Lamy-Chappuis), je ne l’ai pas encore vu même si on s’est un peu parlé. Ca doit être compliqué à vivre. Ce qui lui est arrivé aurait pu m’arriver aussi…

Vidéo: Martin Fourcade sur le plateau du 13h

Jerome Carrere