Martin Fourcade
Le biathlète français Martin Fourcade | AFP - KIRILL KUDRYAVTSEV

Fourcade: "juste du bonheur"

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Martin Fourcade a remporté ce lundi son premier titre olympique, sur la poursuite, à Sotchi. Un moment qu'il attendait depuis quatre ans, encore plus après sa 6e place samedi sur le sprint. Le Catalan peut savourer cette médaille et cette "Marseillaise" qu'il partagera avec Jean-Guillaume Béatrix, troisième de la course. Les deux hommes débloquent le compteur bleu et encouragent les autres tricolores à les suivre.

Ca y est, vous êtes champion olympique… C’est la fin d’une quête ?
Martin Fourcade
: Oui c’est génial. Cela fait quatre ans que je pense à ça, que je me lève en pensant à Sotchi. C’est une petite page du livre de ma vie qui se tourne. Il m'en reste encore à écrire quelques unes. C’est une incroyable aventure avec toute l’équipe, c’est incroyable de partager le podium avec Jean-Guillaume. Je ne savais pas qu’il était troisième, je le découvre quand j’arrive dans la dernière ligne droite et que je prends le temps de regarder. Je le vois et je me dis qu’il va être médaillé.

Et le compteur bleu est ouvert enfin, c’est une satisfaction d’être le premier ?
M F
: Etre le premier, ce n’est pas important. J’étais déçu après le sprint. Selon moi, j’avais une responsabilité dans cette délégation française. C’était la première épreuve, je devais lancer le compteur, je suis heureux de l’avoir fait. C’est une belle quinzaine qui s’ouvre. On a pas mal de favoris et de beaux outsiders. On a de belles cartes à jouer. C’est beau d’avoir deux médailles sur la même course pour le biathlon. La pression peut retomber. Jean-Guillaume (Béatrix, ndlr) m’a bien aidé. Maintenant (s’adressant aux autres athlètes tricolores, ndlr) c’est à vous de jouer les gars. 

Sur le dernier tir, vous levez les bras. Vous savez que la course est gagnée ?
M F
: Depuis les quatre dernières années, j’ai appris à connaître les règles de mon sport (sourire). Je savais que si je mettais cette balle, c’était terminé. Elle avait un certain poids cette cartouche. Pas mal de choses se sont passées dans ma tête. Je me suis dit que c’était mon jour. Je me suis dit 'n’aie pas peur de gagner, mets-là celle-là'.

La rentrer, c’était un soulagement, de la rage ?
M F
: Il n’y a pas eu de rage. J’ai reçu énormément de soutien sur les réseaux sociaux et sur mon site internet. Beaucoup de critiques également, mais je n’ai pas de rancune. J’ai envie de partager ça avec tout le monde, avec tous les gens que j’aime, avec mes sponsors. Ceux qui ne sont pas contents, tant pis. Je suis heureux, les gens que j’aime sont heureux, c’est le plus important.

Est-ce que vous vouliez répondre au public russe qui vous a chambré ?
M F
: J’ai entendu les gens applaudir quand j’ai loupé ma balle sur le sprint. Cela a été la même chose aujourd’hui. Mais je n’ai pas de rancœur, j’ai eu tellement de soutien. De critiques aussi. Je suis allé sur les forums pour voir ce qu’il se disait, c’était génial. Mais j’ai aucune rancœur contre ces gens-là, j’ai juste envie de partager les émotions incroyables que je vis aujourd’hui avec tous les gens qui me soutiennent. C’est juste du bonheur. Il y a eu des moments difficiles, mais on m’a aidé à passer outre et là je suis heureux.

Vous avez désormais tout gagnerdans votre carrière. Est-ce que vous voulez remporter les courses qu'il vous reste désormais à Sotchi ?
M F
: Cette médaille, c’était l’objectif, je voulais rentrer avec ce titre, le seul qui me manquait. C’est génial mais avant cette course, j’avais déjà réalisé et gagné plus que je n’aurai jamais espéré quand j’étais petit. J’ai une bonne étoile et je vais continuer à la suivre. Je n’ai pas envie de m’arrêter là. Pour tous ceux qui me soutiennent, pour Alexis (Bœuf, ndlr) avec qui je partage la chambre et qui n’a pas couru aujourd’hui parce qu’on a une équipe forte.

Vous avez pu parler à votre père qui était dans les tribunes ?
M F
: Non, je l’ai aperçu lorsque je suis monté sur le podium. Il était hystérique ? J’espère que vous n’avez pas trop d’images parce que mon père qui n’est pas hystérique, c’est déjà quelque chose, mais alors hystérique… Je m’attends au pire.

Vidéo : la course victorieuse de Martin Fourcade

Vidéo : la joie à Font-Romeu

Benoit Jourdain @BenJourd1