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Inauguration des Jeux Olympiques de 1924 au Stade de Colombes | Bibliothèque nationale de France

Finlande, cinéma et podium français : c'était les Jeux Olympiques de 1924 à Paris

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Seule en course après l'accord de Los Angeles pour 2028, Paris va accueillir les Jeux Olympiques en 2024. Soit cent ans après la dernière édition parisienne, en 1924.

Cent ans, c'est long. Rare sont les personnes à pouvoir se vanter d'avoir atteint le siècle d'âge. C'est encore plus long pour un des berceaux de l'olympisme moderne, Paris. Mais la capitale accueillera enfin à nouveau la flamme olympique, après les candidatures ratées de 1992, 2008 et 2012. en comptant celles de Lyon (1968) et Lille (2004), la France aura eu besoin de six tentatives pour retrouver les Jeux. L'occasion de revenir sur l'olympiade de 1924, marquée par la Finlande et le cinéma. 

Déjà, un Grand Paris 

Les Jeux de 1924 ont rassemblés 3 089 athlètes, représentant 44 pays, bien loin des 11 000 athlètes, pour 204 pays, de la dernière édition brésilienne. Beaucoup moins d'athlètes, mais beaucoup plus de temps. Ils ont duré du 4 mai au 27 juillet, contre 16 jours à Rio. Déjà à l'époque, l'idée d'impliquer toute la région parisienne était présente. Le village olympique, premier de l'histoire, s'est installé à Colombes. Bien avant le Stade de France, construit en 1998, le Stade de Colombes, plus connu aujourd'hui sous le nom d'Yves-Du-Manoir, a accueilli la majorité des 126 épreuves. Un choix avant tout pratique, pour éviter notamment une rénovation du Parc des Princes. Versailles, Issy-Les-Moulineaux, Billancourt ou encore Argenteuil ont également tenu des épreuves. 

La Finlande en impose

Côté sportif, les Etats-Unis dominaient déjà avec 99 médailles, dont 45 titres. Soit 62 médailles de plus que leur dauphin... la Finlande ! En effet, la nation scandinave, aujourd'hui quasi-inexistante sur les Jeux d'été, faisait partie des mastodontes de l'entre-deux guerres, notamment grâce à ses coureurs de fond. Emmenés par Paavo Nurmi, le "Finlandais volant" vainqueur de cinq titres, ils remportent le 1 500 m, le 5 000 m, le marathon, le 3 000m steeple, le cross et deux épreuves par équipe pour un total de 17 médailles, dont 10 en or. Autre physique mais poids semblable dans le bilan final, les lutteurs et leurs 16 médailles, dont 4 titres. 

La France sur le podium

La délégation française complète le podium avec une médaille de plus que la Finlande... mais un titre de moins ! A l'inverse des Scandinaves, la 3e place française ne s'est pas construite sur deux disciplines, mais en récupérant des médailles dans toutes les disciplines. Seul le cyclisme, où la France a remporté quatre des six titres olympiques, a connu une vraie domination française. L'escrime sort aussi du lot grâce à Roger Ducret, médaillé sur 5 des 6 épreuves masculines (un titre et deux médailles d'argent en individuel, deux titres par équipes). Il est le troisième athlète le plus médaillé des Jeux, derrière le duo finlandais Paavo Nurmi (5 titres) et Vile Ritola (4 titres, 2 médailles d'argent). 

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Les Jeux du cinéma

Au pied de ce podium individuel, on retrouve un certain Johnny Weissmuller. A Paris, l'Américain de seulement 19 ans remporte 3 de ses 5 titres olympiques. Toujours en petite tenue huit ans plus tard, Weissmuller marquera aussi le cinéma. En 1932, il est choisi pour devenir le premier Tarzan d'un film parlant. Un rôle repris dans 12 films et marqué à jamais par son célèbre cri. Au pays des frères Lumière, le cinéma a forcément tenu une place prépondérante. Outre Weissmuller, Paris a également été le lieu des succès deux Britanniques Harold Abrahams, coureur juif titré sur 100m, et Eric Liddell, coureur protestant sacré sur 400m. Une histoire immortalisée en 1981 par Hugh Hudson dans son film culte, Les Chariots de feu