Thibaut Fauconnet
Le short-trackeur français, Thibaut Fauconnet | AFP - ROBYN BECK

Fauconnet, le feu sur la glace

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Le short-track est une discipline méconnue en France. Mais pourtant à Sotchi, la délégation tricolore a une chance de médailles en la personne de Thibaut Fauconnet. A 28 ans, le Dijonais va disputer ses deuxièmes JO avec l’espoir de briller sur 500, 1000 et 1500m. Ce lundi 10 février, c’est par la plus longue des trois qu’il débute.

"Le Graal", rien que ça. Voilà ce que représentent les JO pour Thibaut Fauconnais. A 28 ans, le short-trackeur français aura attendu avant de participer à ses premiers Jeux Olympiques. Depuis qu’il a 7 ans, le Dijonnais est sur les patins à la recherche de vitesse. "Quand je suis arrivé à la patinoire la première fois et qu’on m’a demandé ce que je voulais faire, j’ai répondu : ‘je veux faire la course’… La vitesse me plaît oui", avoue-t-il dans L’Equipe magazine. Ca et le contact avec ses adversaires. "J’adore quand ça frotte", lance-t-il. Le contre-la-montre du patinage de vitesse, très peu pour lui. Thibaut aime se battre contre les autres. Lui, l’éternel colérique n’a pas oublié les épreuves qu’il a traversées. Cette suspension pour dopage notamment. Il avait été suspendu le 21 octobre 2011 par l’ISU suite à un contrôle positif au tuaminoheptane, une substance prescrite par son médecin "pour un truc pour le nez" lors d’une étape de Coupe du monde en Chine en décembre 2010. Après appel auprès du TAS, il avait repris la compétition en juin 2012.

Leader

Dans l’équipe de France de short-track, il est le leader. Ses résultats parlent pour lui : huit titres de champion d’Europe dont un incroyable quintuplé (500, 1000, 1500, 3000m et le classement général) en janvier 2011 à Heerenveen (Pays-Bas). Si en Europe il fait partie des tous meilleurs malgré un dernier championnat d’Europe à Dresde mal négocié (6e sur  500m et 1500m), au niveau mondial la concurrence est rude avec le Canada et la Corée qui dispose de "plus de moyens, surtout humains", explique-t-il sur lequipe.fr. Pourtant, il les a déjà dominés remportant deux étapes de Coupe du monde en 2011. Ce palmarès, Thibaut Fauconnet le doit aussi au développement de la discipline en France. Installé à Font-Romeu depuis mai 2010 avec les Bleus, il bénéficie d’infrastructures de qualité. Fini le bricolage. Mais il entend encore faire grandir sa discipline. Et cela passe par un résultat aux JO. Il y a quatre ans à Vancouver, il avait terminé 5e du relais (5000 m), 13e du 500ù et 15e du 1000m.

"Relax" mais coriace

Grand espoir de médaille à Sotchi, le short-trackeur est "relax". Non pas qu’il aille aux JO pour "beurrer les toasts", une expression qui est revenue plusieurs fois en interviews, mais car il sait qu'une course se gagne le Jour J. Pas avant et encore moins après. Pour lui, il y aura plusieurs échéances : ce lundi pour le 1500 m, le samedi 15 pour le 1000 m et enfin le 21 février pour le 500 m, dernière des trois épreuves sur laquelle il est engagé. Le Dijonnais rêve de médailles, car pour ce compétiteur, perdre n’est pas une option. "Je déteste perdre. Moi je m’entraîne pour gagner. Juste pour gagner. Je ne m’entraîne pas pour me sentir bien, pour bien patiner, je m’entraîne pour gagner", assure le Français. Une confiance en lui qui lui a joué des tours, notamment avec ses entraîneurs, mais comme il le dit, "quand je vois ceux à qui je ne plais pas, est-ce que c’est si grave ?". Avec une médaille à Sotchi, il perdrait encore en détracteurs…

Vidéo: Thibaut Fauconnet, le feu et la glace

Benoit Jourdain @BenJourd1