Fanny Horta
La capitaine de l'équipe de France de Seven Fanny Horta | AFP - MIGUEL SCHINCARIOL

Fanny Horta ouvre la voie de l'équipe de France de rugby à 7

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Fille d’un joueur de rugby, Fanny Horta est tombée dans le ballon ovale très tôt. A 30 ans, elle a été l’une des premières joueuses semi-professionnelles en France, en plus de devenir la capitaine de l’équipe nationale de rugby à 7. C’est donc en chef de file qu’elle va mener aujourd'hui les Bleues, face à l'Espagne et au Kenya, lors du tournoi olympique de Seven, à Rio, avec l’ambition de décrocher une médaille. « On vise la plus belle. Mais qu’elle soit en or, en argent, en bronze, ce sera la plus belle. »

Elle a le regard direct, la voie un peu cassée. Fanny Horta est devenue l’un des emblèmes de l’équipe de France de rugby à 7. C’est normal, puisqu’elle en est la capitaine. Depuis pratiquement deux ans, elle a ouvert une nouvelle voie au rugby féminin, en signant un contrat avec la Fédération, qui lui permet d’avoir un statut semi-professionnel, dès 2014. Finies les semaines en club, du côté de Perpignan, elle est installée à Marcoussis, lieu du centre national de rugby (CNR). Son diplôme d’infirmière obtenu en cinq ans au lieu de trois en décembre 2015 lui offre quelques certitudes pour l’avenir. Mais le présent, c’est les Jeux Olympiques, une échéance qui semblait « encore très très loin » lorsqu’elle a signé son contrat fédéral en 2014 : « C’était super vague. Petit à petit, on a fait en sorte que ça se rapproche jusqu’à la Coupe d’Europe. Là, ça passe à une vitesse de fou. »

Fin avril dernier, elle a fait ses premiers pas dans le monde olympique, avec le rendez-vous à J-100 organisé par le Comité national olympique. « Avec Terry (Bouhraoua, capitaine du 7 masculin également qualifié pour les Jeux), on est resté côte à côté. Ca intimide vachement. » Mais ce n’est rien à côté de ce qui l’attend à Rio, avec ses coéquipières. « J’essaye de ne pas me laisser submerger, et d’être juste dans mes choix de discours. Bien sûr, qu’il va y avoir de la pression. Il faut relativiser, positiver. » Contrairement aux garçons, les filles ont préféré arriver plutôt tardivement à Rio, le 1er août, alors que leur tournoi débute aujourd'hui, cinq jours après avoir posé le pied au Brésil « On va découvrir les JO, mais on préfère le faire au dernier moment, pour tout de suite basculer sur la compétition », expliquait en avril David Courteix, le sélectionneur. « C’est notre façon à nous de se dire qu’on se mettra dans une pression positive. Le résultat nous dira si on a raison ou pas. » Un choix concerté et assumé.

L'ambition d'une médaille

Pour Fanny Horta, ces JO ressemblent, comme pour beaucoup, à un rêve d’enfant, elle qui avoue sa passion pour l’athlétisme : « C’était vraiment la discipline que j’aimais regarder. Ca m’a toujours fasciné ces athlètes qui doivent gérer leur stress, leur frustration. C’est plus facile à gérer en groupe. » Fan de Marie-José Pérec, elle espère placer son équipe sur la ligne droite du podium. « Quand on a l’ambition d’avoir une médaille, il faut que cela se voit sur le terrain. Il faut arriver à être juste et constante. C’est ce qui va nous permettre de rendre tout cela accessible », estime-t-elle.

Cinquième nation mondiale cette année, la France a l’espoir à portée de mains. A son image, cette équipe est « très agressive, elle ne lâche rien. Elle est capable de remonter au score contre des équipes de très haut niveau. » Venue au rugby par son père qui y jouait ce qui lui permettait « de me défouler car j’en avais besoin quand j’étais petite », la trentenaire a appris à maîtriser la charge de capitanat. « Quand David m’a demandé de prendre la main sur le capitanat, je me suis demandé ce que j’allais pouvoir leur dire avant les matches. J’avais l’habitude d’être dans ma bulle, de faire mon match. Le fait de parler à une équipe donne l’impression de parler à une assemblée d’étrangers. Ca peut vraiment occuper la tête », glisse-t-elle avant d’admettre son évolution : « Je ne veux pas me prendre la tête. Je veux que ça coule de source. » Quitte à ce qu’il y ait des clashes : « C’est nous, ça l’a toujours été. Il faut qu’on affronte tout de face. Il y a toujours des moments difficiles, mais cela se dénoue toujours.» Cette phrase pourrait résumer sa façon de voir la vie. Une maxime idéale pour aller loin au Brésil.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze