La joie à Tokyo
Le bonheur des Japonais à Tokyo, qui ont vécu l'annonce de la victoire de leur ville sur écran géant | AFP - YOSHIKAZU TSUNO

Et la liesse s'empara de Tokyo

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Il était 5h20 à Tokyo, mais l'annonce de l'obtention des Jeux Olympiques en 2020 a tout de même provoqué une belle réaction dans la capitale. Ils étaient nombreux à avoir veillé, ou à s'être levés tôt pour vivre en direct le verdict.

Le suspense a laissé place à l'euphorie pour les courageux restés debout, ou réveillés tôt, pour voir le président du CIO, Jacques Rogge, annoncer le nom  de la ville gagnante peu après 05h00 du matin heure du Japon. "Banzai, banzai !", ont crié des centaines d'organisateurs et d'élus de la  ville rassemblés dans l'auditorium Tosho au coeur de la capitale pour une "soirée officielle" de veille. "Seule la victoire est belle", s'est ému l'ancien champion de tennis Shuzo  Matsuoka, un des nombreux sportifs venus pour l'occasion. "Avec les JO, la vie au Japon va changer." Car au-delà de la joie, la surprise et l'émotion ont empreint nombre de Japonais qui craignaient que l'accident nucléaire de Fukushima ne ruine les espoirs de leur candidature.

Les drapeaux japonais se sont agités dans tous les sens pour célébrer le retour des JO à Tokyo 56 ans après ceux de 1964 qui avaient symbolisé le retour du Japon dans la communauté des nations à la suite de la Seconde guerre  mondiale. Dans une ambiance survoltée, plus d'un millier de supporteurs ont rugi de plaisir dans un gymnase du parc olympique Komazawa, un site du sud de la  capitale où quelques compétitions s'étaient déroulées en 1964. A l'issue d'une  longue attente, ils ont sauté en l'air et se sont enlacés, sous des serpentins  dorés lancés du plafond.

Le contraste avec Madrid et Istanbul

Des courageux avaient participé à une course de nuit dans les environs avant de se joindre à la foule anxieuse qui scrutait sur grand écran les nouvelles de Buenos Aires, le silence des prières interrompu par des applaudissements pour la présentation officielle tokyoïte. "Tokyo ne peut pas perdre, Tokyo ne peut pas perdre", répétaient quatre jeunes gens pour se convaincre avant la lecture du verdict.

Toutes les télévisions japonaises ont couvert l'événement en direct, la  chaîne publique NHK dès minuit et les réseaux privés à partir de 03H00 du matin. Des vedettes du sport et du petit écran se sont succédées sur les plateaux pour commenter en duplex depuis Tokyo et Buenos Aires. Des reporters détachés dans les rédactions des grands journaux, qui tirent à des millions  d'exemplaires dans l'archipel, leur ont arraché la primeur de la Une de leur édition spéciale sitôt la victoire annoncée. "On a réussi ! Le jour se lève à Tokyo", a tweeté le secrétaire du Premier ministre Shinzo Abe.

Une euphorie à l'opposé de l'ambiance à Istanbul et Madrid. Sous quelques gouttes de pluie, la capitale espagnole a été douchée plus tôt, à l'issue d'un 1er tour fini en 3e et dernière position, éliminatoire. Des milliers de supporteurs massés devant la Puerta de Alcala, dans le centre-ville, sont restés de longues minutes après la décision du CIO. Les supporteurs de la candidature d'Istanbul massés à  proximité de la Mosquée bleue ont quitté le lieu de rassemblement en silence.

Vidéo: Tokyo a le dernier mot pour les JO 2020

AFP