La joie de Gévrise Emane
La joie de Gévrise Emane | JOHANNES EISELE / AFP

Emane en bronze

Publié le , modifié le

Battu en quart, la championne du monde en titre des -63 kg est allé chercher le bronze contre la Sud-Coréenne Da-Woon Joung. Une belle satisfaction après une journée difficile. Elle apporte la neuvième médaille à la délégation française, la quatrième en bronze en judo.

Il ne fait pas bon d'être favori d'un tournoi olympique. Presque tous les champions du monde en titre ont mordu la poussière. Gévrise EMane n'a pas dérogé à la règle. La double champion en monde (en -70 kg en 2007 et en en -63 kg en 2011) a encore buté sur l'or olympique. Elle s'est octroyé une médaille de bronze dans la souffrance car la judokate a vécu une "journée difficile". Peu inspirée, sans peps, tétanisée par moment, elle n'a jamais placé son judo énergique et technique. "Je me posais trop de question. Cela m'a mis un peu en dedans. Je n'avais pas assez de rythme. Cela m'a empêché de mettre le feu", a-t-elle reconnu. Mais pas de prendre une médaille.  

Eliminée aux drapeaux

Pourtant, dès le premier combat face à locale Gemma Howell, elle avait vaincu la malédiction de Pékin en profitant d'une attaque interdite aux jambes de son adversaire, disqualifiée. Aux oubliettes la défaite traumatisante au premier tour aux JO de Pékin face à l’Espagnol Iglesias alors qu'elle était déjà championne du monde en titre. Elle ne s'est pas pour autant libérée et la suite fut tout aussi bizarre. Une qualification aux drapeaux (décision unanime des trois arbitres après le golden score) face à la Cubaine Yaritza Abel Rojas. Elle a confirmé sa réputation de diesel qui a du mal à démarrer ses combats et ses journées.

En quart, elle a vu les drapeaux se hisser contre elle face à la Mongole Munkhzaya Tsedevsuren après un combat fermé. Gêné par le dynamisme de son adversaire, elle n'a pas réussi un seul de ses spéciaux en sode (prise à genoux au ras du sol). Abattue, la judokate d'1,62m s'est remotivée pour prendre le meilleur sur l'Israélienne Alice Schlesinger en repêchage aux pénalités dans un troisième golden score d'affilée. En quatre combats, la quadruple championne d'Europe n'a toujours pas marqué un point sur un mouvement.

Le bronze de la volonté

Revigorée, cette  titulaire d’un master 2 management public et collectivités territoriales voulait montrer "un autre visage" et enlevé "ses deux plâtres au jambes" selon son entraîneur. La judokate de 30 ans a dominé la longiligne sud-Coréenne Da-Woon Joung… sans réussir à marquer. Pour son quatrième golden score de la journée, elle a vécu une troisième décision aux drapeaux. Il y a des jours comme cela où rien ne passe. Plus offensive que son adversaire, elle a fait l'unanimité auprès des juges pour s'offrir sa première médaille olympique. Avec la volonté comme seule arme. 

Schmitt décevant

Engagé en -81kg, le Français Alain Schmitt n'avait pas de grandes ambitions en venant dans une catégorie  pourtant très ouverte. Après avoir battu le Néerlandais Guillaume Elmont aux drapeaux dans un match serré, le judoka de 28 ans avait fait le plein de confiance pour aborder la suite avec confiance et détermination.

La détermination était plus du côté du modeste argentin Lucenti Emmanuel. Dans un combat équilibré, l'Argentin a réalisé un superbe balayage sur le Français à 37 secondes de la fin. Une désillusion pour le Français qui n'a même pas eu droit aux repêchages, réservé aux quarts de finalistes. A oublier.

 

Mathieu Baratas