Picadilly Circus, au coeur de Londres
Picadilly Circus, au coeur de Londres | WILL OLIVER / AFP

Effervescence sur les sites, intérêt mitigé en ville

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A l’image du climat tempéré qui baigne Londres en ce début du mois d’août, le contraste est saisissant entre la passion qui anime les spectateurs dans les différentes enceintes des Jeux et le manque relatif d’engouement des Londoniens dans certains quartiers plus éloignés du Parc Olympique.

Incroyable mais vrai ! Vendredi dernier, le Premier Ministre David Cameron et le maire de Londres Boris Johnson ont demandé aux Londoniens de revenir en ville. Malgré la réussite incontestable de ces Jeux, tant au niveau de la qualité des sites qu’en ce qui concerne la fréquentation des stades, force est de constater que le cœur de Londres ne vivre pas à l’unisson. Comme pour n’importe quel été, les touristes ont afflué dans la capitale britannique et les commerces font leur beurre, vendeurs de fringues en tête. Mais davantage qu’à l’accoutumée, une bonne partie des Londoniens a déserté la ville. Et une autre semble carrément ignorer l’événement. Les financiers de la City, par exemple, paraissent vivre sans se soucier outre mesure de ces Olympic Games qui ne viennent absolument pas perturber leur quotidien. Ils continuent à filer au pub après leur journée de travail et savourent leur pinte de bière comme si de rien n’était.

A Picadilly, c'est comme d'habitude

Autre quartier, ambiance différente ? Pas vraiment. Annie, 21 ans, qui vend des billets pour un festival se déroulant dans le théâtre Criterium, en plein cœur de Picadilly, nous livre son sentiment. « Pas mal de personnes ont acheté des tickets pour les Jeux et beaucoup se passionnent grâce aux médailles glanées par le team GB (Great Britain). La population en parle », dit-elle. « Mais de là à dire qu’il y a plus de monde que d’habitude ici, je ne pense pas. Il y a beaucoup de monde chaque été en fait ». Elle poursuit : « Les gens qui s’intéressent aux JO se retrouvent devant les écrans géants comme à Hyde Park. Il doit y en avoir une petite dizaine dans Londres. Mais les autres ne suivent pas forcément les compétitions, en tous cas pas tout, c’est certain », explique-t-elle.

Troy, 32 ans, vendeur en chef du magasin Gap situé non loin de là, corrobore cette analyse. « Il n’y a pas un grand changement par rapport à d’habitude », avoue-t-il. « On a beaucoup de touristes étrangers, des Russes, des Chinois et des Brésiliens par exemple. Mais on a perdu pas mal de Londoniens qui ont déserté la ville. Regardez comment circulent les véhicules. Le trafic est vraiment fluide comparé à d’habitude ».

Ajay Shah, Londonien d’origine indienne de 32 ans, confirme également cette donne. Pour cet homme d’affaire en costard cravate qui fait sa pause déjeuner, la majorité des Britanniques suit les Jeux mais ça ne fait pas un grand changement par rapport à un été classique. « Ici c’est toujours très fréquenté. Ce ne sont pas les Jeux qui attirent du monde mais la ville »

Certains ont fui, d'autres s'en fichent

Maria, 37 ans et trois enfants à charge, a de son côté pris ses vacances exprès pendant les Jeux. Elle explique vouloir ressentir l’ambiance de cet événement unique. « Je n’ai pas acheté de billets mais je regarde tout à la télévision». Sa position sur l’engouement réel des habitants est plus nuancée : « Certains sont très contents, d’autres ont planifié leur vacances pour fuir les JO durant cette quinzaine », rigole-t-elle comme pour laisser entendre qu’ils ont tort.

Sophie, Française de la quarantaine qui vit à Londres avec sa petite famille, ne pense pas autrement : « Mon mari travaille à la City. Il me dit que ça roule très bien en ce moment, contrairement à toute l’année », souligne-t-elle. « Je pense que les gens suivent les compétitions mais pas tous avec le même appétit. Certains consomment beaucoup de télé, mais la plupart jette un œil distrait sur quelques épreuves ». Comme pour accentuer encore le contraste avec l’effervescence qui a gagné les supporters britanniques depuis la moisson de médailles d’or récoltées depuis quelques jours.