Alex Schwazer
Le marcheur italien Alex Schwazer en pleurs lors d'une conférence de presse après son exclusion es JO | PIERRE TEYSSOT / AFP

Dopage: Schwazer "content" si on réexamine ses analyses à Pékin

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L'athlète italien Alex Schwazer, exclu cette semaine pour dopage des compétitions de marche aux Jeux Olympiques de Londres, a donné les raisons de son geste: retrouver son niveau de 2008. En outre, il s'est dit "content", mercredi, à l'idée que le CIO puisse réexaminer ses analyses des JO de Pékin quand il avait décroché la médaille d'or sur 50 km. Pour prouver qu'il a bien gagné en étant propre.

Touché par son exclusion, l'Athlète Italien a tenu à préciser qu'il n'était pas dopé lors de son titre en 2008. "A Pékin, j'ai fait la course avec le taux d'hémoglobine d'un anémique, ce  qui démontre que je ne pouvais être dopé. Je ne peux qu'être content si toutes  les analyses antidopage des dernières années étaient réexaminées et publiées",  a déclaré Schwazer lors d'une conférence de presse à Bolzano en Italie. Le marcheur s'est de nouveau excusé d'avoir "fait une grande erreur" en se  dopant à l'EPO dans la perspective de la compétition des 50 km programmée pour  samedi prochain, en assurant ne l'avoir jamais fait avant. Il a été exclu lundi par son comité  olympique des JO de Londres alors qu'il n'avait pas encore rejoint la capitale  britannique.

"Piqûre en cachette"

Pour expliquer son geste, l'Italien de 27 ans qui a été contrôlé positif à l'EPO (érythropoïétine) lors  d'un contrôle diligenté le 30 juillet par l'Agence mondiale antidopage à  Oberstdorf (Allemagne), son lieu d'entraînement, a avoué avoir eu recours à des produits dopants pour maintenir son niveau de performance perdu depuis son titre de Pékin. Une justification classique pour légitimer une pratique interditante. 

Fondant en larmes, Schwazer a souligné que "ces trois dernières semaines  ont été les plus difficiles de (sa) vie", en admettant avoir menti constamment  à son entourage, notamment à sa fiancée la championne du monde patinage artistique Carolina Kostner. "Tu es à la maison et tu attends que ta fiancée parte à  l'entraînement pour t'enfermer dans la salle de bain et te faire une piqûre d'EPO", a-t-il dit. L'Italien banalise son dopage, calculé et réfléchie. Presque normal. La baisse de performance et la pression du résultat induit deux possibilités: se préparer dans les règles ou hors des règles. 

"Je voulais revenir encore plus fort qu'avant"

Il a affirmé avoir "tout fait tout seul car je ne voulais pas causer  d'ennuis à qui que ce soit". Il s'est informé sur internet avant d'aller en  Turquie où il n'y a "pas besoin d'ordonnance pour acheter ce médicament". Il a  dit s'être rendu dans une pharmacie à Antalya en septembre 2011 où, moyennant  1.500 euros, il s'est procuré l'EPO qu'il a conservé ensuite au réfrigérateur.  "Depuis 2010 je n'avais plus les bonnes sensations. Et dans la perspective  des JO, je n'étais plus lucide, je me suis mis la pression tout seul, je  voulais revenir encore plus fort qu'avant", a-t-il expliqué. 

L'athlète a confié aussi qu'il avait "la nausée de la marche". "Je n'en  pouvais plus des entraînements. Carolina aime le patinage, moi je fais de la  marche parce que je suis bon", a-t-il confié. La motivation disparue, le marcheur italien ne s'est pas résolu à ne pas satisfaire aux attentes de ses proches et de son pays. Le dopage devenait presque logique.  

Mathieu Baratas