Dopage : "hystérie antirusse" et "tragédie", les réactions russes à la suspension du pays des JO

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Dorangeon
Vladimir Poutine
Vladimir Poutine, le président russe. | AFP

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Quelques heures après la décision de l'Agence mondiale antidopage d'exclure pour quatre ans la Russie des Jeux Olympiques et de tout Championnat du monde, le milieu politique russe a réagi. Le Premier ministre dénonce une "hystérie antirusse", tandis que le patron de l'agence antidopage russe regrette "une tragédie". Les sportifs russes ont aussi réagi avec tristesse.

Pas de Jeux Olympiques 2020 et 2022. Pas de Coupe du monde de football 2022. Pas d'organisations de compétitions mondiales pendant quatre ans... Voici les principaux faits de la sanction l'Agence mondiale antidopage envers la Russie. De lourdes condamnations critiquées par les hautes sphères de la politique russe. Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, invoque une "hystérie antirusse devenue chronique", rappelant que "toutes ces décisions se répètent contre des sportifs qui ont déjà été punis".  "C'est un moyen d'écarter la concurrence russe du sport mondial. Il est essentiel que nous rétablissions nos droits" en faisant annuler la décision de l'AMA, a ajouté le vice-président de la Douma, la chambre basse du Parlement, Petr Tolstoï.

Plus tard, le président russe, Vladimir Poutine, s'est exprimé à ce sujet. "Il n'y a aucune reproche à faire au comité olympique russe, et s'il n'y aucune reproche à ce comité, le pays doit participer aux compétitions sous son drapeau national", a lancé le président, lors d'une conférence de presse à Paris. Cette décision "contredit donc la charte olympique", d'après lui. "Il y a toutes les raisons à croire que cette décision est motivée non pas par une inquiétude pour un sport propre, mais qu'elle est politiquement motivée".
 

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Dmitri Medvedev voit en cette sanction une chasse aux sorcières, mais confesse des "problèmes sérieux" de dopage dans le sport russe. Il appelle tout de même à ce que les "instances sportives compétentes" russes fassent appel de la décision de l'AMA. En l’occurrence, cette décision revient à l’Agence russe de lutte contre le dopage (Rusada) ou au Comité olympique russe (ROC). L'appel doit être fait dans les 21 prochains jours auprès du Tribunal arbitral du sport.

"Une tragédie pour les athlètes propres"

Toutefois, Iouri Ganous, patron de Rusada, se montre très pessimiste à une décision favorable en appel. "Il n'y a aucune chance de gagner devant un tribunal", s'est-il résolu. Il évoque également "une tragédie" pour les sportifs russes. "Les sportifs propres voient leurs droits limités". Ganous a aussi reproché à la Russie de ne pas avoir réagi aux premières remontrances de l'AMA : "Je veux dire que nous attendons du président (Vladimir Poutine) qu'il provoque des changements sérieux" dans la lutte contre la triche sportive. Il faut toutefois rappeler que les athlètes russes pourront participer aux JO sous la bannière neutre, en conformité avec l'AMA. Plusieurs fédérations russes se sont déjà dites prêtes à envoyer leurs sportifs au JO de Tokyo 2020, même si le drapeau russe n'y flottera pas.

Le président de la Fédération russe de natation, Vladimir Salnikov, s'est notamment placé dans ce sens. "Il faut aller aux JO quelle que soit la situation", a-t-il confié avant de poursuivre : "Bien sûr qu'on préfère que nos sportifs participent sous drapeau russe et entendent l'hymne de leur pays. Mais les circonstances peuvent être autres, personne n'a le droit de priver les sportifs innocents de leurs rêves." Même son de cloche pour le patron de la fédération de handball, Sergueï Chichkarev. Il veut que les équipes russes participent à la compétition même si c'est sous drapeau neutre. 

"J'en ai le souffle coupé"

Des athlètes russes ont apporté leurs réactions à cette nouvelle. "C'est une décision très triste, on espère qu'elle sera revue" en appel, a lâché le champion olympique de judo 2016 Khasan Khalmurzaev. "Je n'ai pas de mots, j'en ai le souffle coupé. Tout ça c'est politique", a regretté Aslanbek Khushtov, champion olympique de lutte en 2008. Le président de l'Union des biathlètes russes, Vladimir Drachev, a lui dénoncé auprès des médias russes une "décision non objective, car le sport russe a beaucoup fait ces dernières années" pour éradiquer son problème de dopage.

Avec AFP.