Déborah Anthonioz, s'inspirer du passé

Déborah Anthonioz, s'inspirer du passé

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Vice-championne olympique de snowboard cross à Vancouver, Déborah Anthonioz aborde à 35 ans ses troisièmes Jeux Olympiques. Après deux ans en dent de scie, la Haute-Savoyarde espère un nouveau coup d’éclat.

Il y a quatre ans, la France découvrait le visage de Deborah Anthonioz. Cette Thononaise (Haute-Savoie) remportait la médaille d’argent en Snowboardcross, derrière la Canadienne Maelle Ricker. Une surprise. "Ce n’était pas attendu, parce qu’elle n’avait pas mis régulièrement les pieds sur un podium cette saison-là", explique Mathieu Bozzetto, consultant pour France Télévisions. Une médaille tombée un peu par hasard, comme les Français savent le faire. A cette époque, elle reste une athlète qui truste le Top 10 en Coupe du monde, "qui ridait bien" assure Bozzetto, mais derrière les meilleures. Puis, il y a eu cette médaille. Comme souvent, les sports d’hiver ne vivent – dans les yeux du public – que durant les Jeux. Elle se révèle alors aux yeux des Français. Si sa vie n’a pas spécialement changé, ce titre de vice-champion olympique est la meilleure promotion pour son sport. Les années qui suivent, elle confirme en montant sur le podium en Coupe du monde (quatre fois 3e entre 2011 et 2012).

Traversée du désert

A Stoneham (Canada) en février 2012, elle accroche pour la dernière fois la troisième marche du podium en épreuve de Coupe du monde. Pratiquement deux ans après, elle débute ce dimanche la défense de sa médaille d’argent. Dans des conditions loin d’être idéales. Elle a occupé le 45e rang mondial la saison dernière, elle qui était 3e en 2003 et 2e en 2005. Elle n’est pas montée plus haut qu’une 14e place en Coupe du monde à Montafon en Autriche cette saison. Et pour finir, un changement d’entraîneur à 10 jours des Jeux. Mickaël David, le coach de Coupe du monde, a laissé sa place à Jérôme Choupin, jusqu’ici en charge de l’équipe de Coupe d’Europe.

Pourtant, il serait hâtif de l’enterrer. Si elle est devenue un électron-libre dans un groupe jeune (la deuxième plus âgée du groupe de snowboardcross est Nelly Moenne Loccoz, 23 ans), elle "peut le faire", estime Mathieu Bozzetto. "Il faudrait un beau concours de circonstances, mais c’est envisageable. C’est la magie des Jeux". Derrière la tête de file, Nelly Moenne Loccoz – 2e du classement de la Coupe du monde en 2013 – la snowboardeuse est une résistante. "Les filles de son âge qui courent toujours sont rares aujourd’hui", estime Bozzetto. Le consultant, médaillé de bronze en slalom parallèle à Vancouver, l’a vue à l’entraînement "prendre du plaisir". Finalement ce statut d’outsider à l’affût d’une surprise pourrait lui convenir. Comme il y a quatre ans.

Benoit Jourdain @BenJourd1