Supporter de Sarreguemines
Cédric Schramm et sa désormais célèbre banderole | AFP / Roberto SCHMIDT

De Sarreguemines à Rio, l'incroyable parcours d'un supporter

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Impossible de l'éviter! Avec son imposant drapeau français floqué "Sarreguemines" placé aux endroits stratégiques sur les sites des Jeux de Rio, un supporter français a squatté les écrans TV. Son nom ? Cédric Schramm. Voici son histoire...

Il est devenu incontournable, dès lors qu'un Français est en lice pour une médaille aux JO-2016. Deux Français en finale du 110 m haies? Le voilà dans le stade olympique à déployer son drapeau. Un quart de finale des handballeurs contre le Brésil? Et il attire encore l'attention du réalisateur. Avec son drapeau bleu-blanc-rouge barré du nom de sa ville, Sarreguemines, dans le nord-est de la France, Cédric Schramm, à bientôt 40 ans, a fait le tour du monde.

"On se débrouille avec l'expérience, et puis, les stades ici ne sont pas pleins. Ils ne sont pas trop pointilleux pour que l'on s'assoie à notre place. On peut se déplacer", apprécie le Lorrain. Véritable passionné de sports, il a commencé à se déplacer sur les grandes compétitions dans les années 1990, se rendant en Italie avec son père et son frère pour voir l'AC Milan des Gullit et Van Basten. Et l'histoire de son célèbre drapeau débute par un pari avec ses amis. "Depuis quelques années, à chaque fois que je partais sur des compétitions, des amis me disaient 'C'est bien, c'est sympa. Mais tu pourrais faire un truc pour que l'on te voie' ", ajoute-t-il. Une première banderole aux couleurs jaunes et bleues de son club de triathlon à Sarreguemines ne survit pas à l'intransigeance de certains stadiers en 2015.

Congés et repos y passent

"Ils me l'ont confisqué et mis à la poubelle. Il fallait vite en refaire une pour les Mondiaux d'athlétisme à Pékin. On s'est dit, 'on part sur du bleu-blanc-rouge avec SARREGUEMINES en majuscules' ", précise-t-il.
Dans une saison sportive 2015-2016 riche, Cédric Schramm est un peu partout: Coupe du monde de rugby en Angleterre, Mondiaux de biathlon à Oslo, finale de l'Europa League à Bâle, le Final Four de handball à Cologne. Et bien évidemment l'Euro-2016 de foot. "J'ai eu la chance de voir 17 rencontres, dont la finale", détaille le Sarregueminois. Avec un souvenir particulier pour le 8e de finale entre le pays de Galles et l'Irlande du Nord au Parc des Princes, où il a hissé son drapeau dans le kop nord-irlandais: "C'était une magnifique ambiance".

Paradoxalement, à Rio, son moment le plus fort est une désillusion, celle d'Aurélie Muller, déclassée du 10 km en eau libre alors que la nageuse de Philippe Lucas, originaire de Sarreguemines, pensait avoir l'argent. "C'est toujours super sympa de voir quelqu'un de chez nous", reconnaît-il. Employé de la SNCF et triathlète à ses rares heures perdues, il planifie toutes ses vacances, tous ses congés en fonction du calendrier sportif: "Tous mes congés, repos, week-ends de libre partent là-dedans". Et une bonne partie de ses économies. "C'est une passion qui coûte, c'est sûr. Je n'ai pas encore calculé le budget pour Rio", assure-t-il. "Pour tout ce qui est nourriture, que je mange à Sarreguemines ou à Rio, c'est pareil, plaisante-t-il. Ici, c'est même moins cher. Et pour l'hébergement, on est avec des amis dans une auberge de jeunesse.Il faut s'y prendre à l'avance."

 

AFP