Fabrice Pellerin et son équipe
Fabrice Pellerin (premier à gauche) et son équipe de Nice parmi lesquels Yannick Agnel et Camille Muffat | MAXPPP - LAURENT CARRE

Dans le chemin de Pellerin

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Avec Camille Muffat et Yannick Agnel, Fabrice Pellerin bénéficie de deux nageurs hors norme. Mais c'est avec ses nouvelles méthodes d'entraînement qu'ils ont touché l'or olympique. Explications.

Champion olympique du 200m nage libre messieurs, du 400m nage libre dames, du relais 4x100m messieurs, et en argent sur 200m nage libre dames et sur le relais 4x200m messieurs, sans oublier le bronze en relais 4x200m nage libre. Fabrice Pellerin a fait la plus belle des moissons. Ses troupes plus précisément. Avec Yannick Agnel et Camille Muffat, il dispose de deux joyaux, que le technicien a polis pendant quatre ans. Patiemment, précisément, avec originalité. "Il a mis en place un programme pour que les nageurs soient performants aux Jeux Olympiques", explique Michel Rousseau, consultant pour France Télévisions. En ne marquant pas les autres compétitions comme des objectifs. "Jusqu'aux Jeux, ils n'ont pas ralenti leur rythme." Et depuis un mois, le rythme, c'est 16km de nage par jour, à raison de six jours et demi par semaine. Mais cela n'a pas été toujours comme ça.

"Pendant la première année, ils ont fait énormément d'exercices de sensibilité dans l'eau, avec des ballons, des jeux... Et les nageurs hors de l'eau donnaient des conseils à ceux qui nageaient.Il y avait beaucoup d'échanges, beaucoup d'apprentissage dans l'eau. Et ils nageaient 6km", raconte Michel Rousseau. "La deuxième année, ils sont passés à 8km par jour, en ajoutant de la gymnastique, tout en continuant les exercices. Et ils ont durci les entraînements, sans se préparer aux compétitions, sans tenir compte du calendrier."

La confiance de ses nageurs

Pourtant, les Niçois n'ont pas laissé passer les chronos ni les titres pendant ce temps. Et la troisième année, ils ont poursuivi leur montée en puissance, rajoutant des kilomètres "et de la musculation, avec des kinés, de la diététique, en nageant 10km par jour". Boxe, escalade étaient également au programme. Et enfin, l'année menant aux Jeux de Londres, la cadence est passée à 16km par jour, avec un modèle d'entraînement que les nageurs avaient bien intégré. A tel point que voici quelques semaines, lors de l'Open EDF de Paris, Camille Muffat avouait son extrême fatigue mais savait qu'elle n'aurait que peu de répit jusqu'aux Jeux. Sans crainte: "Je fais confiance à Fabrice. Ca a bien marché comme ça toute l’année."

"C'est un programme construit sur quatre ans, qui est fait intelligemment. Le programme le plus dur ne peut pas excéder 1 ou 2 années. C'est une vraie construction qui a été faite. Il a posé les bases, et il a donné du plaisir à ses nageurs. Et pour cela, il a pris l'expertise de 6-8 personnes pour réussir", précise Michel Rousseau. La réussite se mesure au nombre de médailles. Mais cela ne se limite pas à cela, et surtout, cela n'est pas limité aux seuls Muffat et Agnel. Dans le groupe, Clément Lefert, médaillé d'or en relais 4x100m, est revenu ces six derniers mois après être parti aux Etats-Unis, Charlotte Bonnet (en bronze en relais 4x200m) et Anna Santamans réprésentent quelques grands espoirs de la natation tricolore à respectivement 17 et 19 ans.

Muffat, Agnel, Lefert fêtés en héros à Nice

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