Christopher Patte
Christopher Patte lors de son podium en Coupe du monde en Russie | AFP - RIA NOVOSTI - ALEKSANDR POGOTOV

Christopher Patte, l’homme pressé

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A seulement 22 ans, Christopher Patte va connaître sa première sélection aux Jeux Olympiques, dans l’épreuve du pentathlon moderne. Seul Français en lice, il vise, ni plus ni moins, qu’un podium.

Il le reconnait facilement : "J’ai tendance à accélérer les choses, à être très pressé." Christopher Patte classe cette tendance parmi ses qualités comme parmi ses défauts. A Londres, il affiche donc ses ambitions, très élevées, sans vergogne : "Je préfère finir dernier que 10e." Et d’ajouter : "J’ai envie d’être le premier français depuis 1984 à avoir une médaille olympique en pentathlon."

A son palmarès, une 3e place sur une épreuve de Coupe du monde, un titre de champion d’Europe junior en relais et par équipe en 2011, mais rien qui le classe parmi les favoris. Mais il y croit : "J’ai un niveau moyen en « penta », mais aux Jeux, le niveau ne sera pas si élevé qu’à un championnat du monde. Tout est possible. Avec mon entraîneur, on a beaucoup discuté de ce qu’il faut mettre en place pour obtenir cette médaille. Il me faudrait une escrime moyenne, et gagner la course. J’ai envie que mes adversaires se disent que si « Pat » part dans les 10 à al course, ça peut être dangereux. J’ai envie d’être le meilleur coureur. » Pour cela, il est prêt à « prendre des risques pour être au top le jour J".

Fonceur et pas impressionné

Têtu, fonceur, il avoue vouloir "toujours en faire plus. Quand j’ai une idée en tête, je vais jusqu’au bout, ce qui peut être un défaut dans mon sport, où il faut réfléchir. Il n’y a pas que des épreuves physiques, avec les épreuves techniques comme le tir, l’escrime et l’équitation." Dans son discours, Christopher Patte ne semble pas perturbé par l’approche de cet événement exceptionnel : "C’est mon point fort de faire abstraction de tout. C’est mes premiers JO. C’était mon objectif depuis 2007. J’avais cette idée en tête, et 2008, c’était trop court, j’étais trop jeune. Ca aurait été trop dangereux. Objectif atteint. C’est énorme, mais c’est grâce à mes résultats que j’y suis. Ce n’est pas magique. Au point où j’en suis, j’ai envie de dire que c’est normal."

Pour cette épreuve normale, il s’est quand même fait tatouer sur le torse les anneaux olympiques. L’idée lui est venue un jour, il l’a réalisée le lendemain. Puisqu’il vous dit qu’il est fonceur… Gentil dans la vie, il se transforme lors des épreuves : "Je me suis mis dans des états où moi-même je ne me suis pas reconnu", reconnaît-il, avouant avoir appris à être "sans pitié". A Londres, Christopher Patte retournera sur son lieu de naissance, lui dont le père est français et donc la mère, de l’Ile Maurice, a une partie de sa famille qui y vit. Cet été, le 11 août, il aimerait naître aux yeux du grand public et de la famille olympique.