Chevalier, la confiance en bandoulière

Chevalier, la confiance en bandoulière

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Longtemps dans l'ombre des têtes d'affiche de l'équipe de France, Anaïs Chevalier a changé de statut en 2016/2017. Sa victoire à Nove Mesto (République Tchèque) l'a propulsé sur le devant de la scène et en fait l'une des fers de lance d'une équipe de France ambitieuse alors que la Coupe du monde de biathlon débute ce weekend en Suède.

La saison 2016/2017 a été riche en bonheur pour Anaïs Chevalier. A 24 ans, celle qui fréquente la Coupe du monde depuis quatre ans désormais a remporté son premier succès individuel avec la poursuite de Nove Mesto. Elle a poursuivi avec une médaille de bronze sur le sprint des Mondiaux de Hochfilzen (Autriche), une autre sur le relais et l’argent sur le mixte. Le tout récompensé par une belle 7e place au classement général final de la Coupe du monde. “Les adversaires me disent bonjour maintenant. Elles connaissent mon nom”, résume-t-elle joliment.

"Une carrière chaotique"

La carrière d’Anaïs Chevalier a tardé a débuté. La faute à une confiance chancelante, à des performances en ski moyennes mais aussi à des blessures. “J’ai eu un coup d’arrêt il y a deux ans, un gros problème de dos, j’ai su rebondir, là je me casse la clavicule, il faut que je l’accepte. Pour l’instant, j’ai une carrière un peu chaotique”, juge-t-elle. La clavicule cassée est le fruit d’un accident de vélo survenu en mai dernier. Renversée, comme beaucoup d’autres cyclistes professionnels ou amateurs ces derniers mois, la biathlète a choisi de ne pas se faire opérer en “sachant que le processus de guérison serait un peu plus long”, le tout précisément parce que c’est une saison olympique. “La préparation a été un peu modifiée en terme de moyen d’entraînement, résume Chevalier. J’ai fait très peu de ski à roulettes mais j’ai quand même fait le boulot, autrement. J’ai fait beaucoup de vélo et de course à pieds”.

Une concurrence féroce en équipe de France

Aujourd’hui, Anaïs Chevalier arrive à maturité. Sa saison dernière lui permet de posséder une basse de confiance solide. “Le déclic était psychologique, pose-t-elle. J’en retiens qu’il faut croire en ses capacités. Je n’ai jamais été surprise mais très fière. Au fond de moi, je m’en sentais capable. Je n’arrivais juste pas à brancher les bons câbles en même temps. De l’avoir fait, je me dis : tu sais le faire et maintenant déroule”. Jusqu’aux Jeux ? Chevalier ne déroge pas à la règle : tous les athlètes ont les yeux tournés vers l’est et la Corée du Sud. Mais, Anaïs Chevalier est ainsi fait qu’elle ne peut envisager d’arriver aux Jeux sans bon résultats préalables : “J’ai besoin d’arriver sur les Jeux avec une certaine régularité, explique la Française. J’ai besoin de courses pour me mettre en confiance, de courses pour être en forme. J’aimerai faire une saison comme les autres et arriver sur les Jeux comme une course normale”. Arriver aux Jeux sera d’ailleurs son premier objectif puisqu'en équipe de France, elles sont au moins cinq (Chevalier donc mais aussi Dorin-Habert, Braisaz, Bescond et Aymonier) pour quatre places. Pyeongchang passe donc par la Coupe du monde. Et la Coupe du monde débute ce weekend à Östersund en Suède.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot