Midol, Chapuis, Bovolenta
Le trio médaillé du skicross, Jonathan Midol, Jean-Frédéric Chapuis et Arnaud Bovolenta | AFP - PHILIPPE MILLEREAU

Chapuis,Bovolenta,Midol dans l'Histoire

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Jean-Frédéric Chapuis, Arnaud Bovolenta et Jonathan Midol ont écrit l’une des plus belles pages du sport français ce jeudi à Sotchi. Un triplé en skicross que personne n'aurait pu imaginer. Et pourtant ils l’ont fait, offrant un moment magique au public français. Retour sur une "journée parfaite".

Le champion olympique de skicross, Jean-Frédéric Chapuis
Le champion olympique de skicross, Jean-Frédéric Chapuis

Quand on écrit l’Histoire, on ne trouve pas forcément les mots pour décrire ce qu’on ressent. Devant les journalistes de tous les pays qui les ont assailli, le trio Chapuis-Bovolenta-Midol, encore sous le coup de l’émotion, a souvent répété qu’ils avaient "du mal à réaliser". Il a fallu leur répéter qu’ils y entraient en dépoussiérant le livre des records du sport français. Cela faisait 90 ans que la France n’avait pas eu trois athlètes aux trois premières places depuis les Jeux d'été de 1924 et le saut de cheval en largeur (Albert Seguin, Jean Gounot, François Gangloff).

Un exploit synonyme de deux premières : premier triplé aux JO d’hiver et record de médailles olympiques aux JO d’hiver battu. Vancouver et ses 11 médailles sont effacés. Fabien Saguez, le Directeur Technique National, encore sous le coup de l’émotion refusait pourtant de s’enflammer : "14 médailles dont quatre en or, l’objectif est là. C’est notre niveau moyen. On n’a pas besoin d'en rajouter pour savoir si on fait bien les choses ou pas".

Maîtrise

Le skieur français Arnaud Bovolenta
Le skieur français Arnaud Bovolenta

Tout avait parfaitement commencé. Un ciel bleu, des tribunes pleines et une ambiance jusqu’ici jamais vue dans l’Extreme Park de Rosa Khutor. Les Russes, derrière leur athlète Egor Korotkov, ont donné de la voix. Mais il en aurait fallu plus pour intimider l’armada tricolore. Le Canadien Brady Leman s’en est rendu compte en finale. Impuissant, il a chuté, laissant le trio français s’envoler vers un podium qui lui tendait les bras. Les spectateurs l'ont vu se dessiner au fur et à mesure que la compétition avançait. "Le plus impressionnant, c’est cette maîtrise du sujet aujourd’hui. Ils ont tout programmé de A à Z", admirait Rémi Sella, le Directeur Technique National adjoint. "A partir des 8e de finale, ils ont étouffé la concurrence", a ajouté Fabien Saguez. Et se sont offert une "journée parfaite" pour reprendre les mots de Jonathan Midol, médaille de bronze, et Arnaud Bovolenta, médaille d’argent.

Pourtant en finale, "il n’y avait pas de stratégie de groupe, c’était chacun pour sa pomme, a précisé Jean-Frédéric Chapuis, le champion olympique, le Canadien a succombé à l’armada française". Une équipe composée "d’amis, tout le temps ensemble, selon Bovolenta, sauf durant la course". Mais les congratulations entre les trois et l’explosion de joie de Jonas Devouassoux après la qualification de Chapuis et Midol pour la finale ne laissent pas de place au doute. Le groupe vit bien. "Ils vont me venger. Ils m’ont sorti tout à l’heure les cochons, mais ils vont aller la chercher cette p….. de médaille", assurait Devouassoux. Un voeu exaucé quelques minutes plus tard.

Bande de potes

Le médaillé de bronze de skicross Jonathan Midol
Le médaillé de bronze de skicross Jonathan Midol

Dans leurs rêves, ou leurs délires, les trois hommes avaient imaginé un tel scénario. "Hier soir pour être franc, on se disait que ça serait top d’être un, deux et trois, rigole Jean-Frédéric Chapuis, je passe la ligne, je me retourne et vois deux Français… C’est top". "On est un groupe soudé. On s’entend tous bien. Partager ça avec ses collègues, c’est énorme", ajoute-t-il. Lui et Bovolenta, les deux "briques", dixit Jonathan Midol ont vu le skieur du Grand Bornand s'effondrer avant la ligne pour arracher ce bronze qu’il avait déjà autour du cou, sans le savoir.

Dans leur bonheur, les trois hommes n’oubliaient pas d’associer un homme, Bastien Midol, le frère de 'Jonath", blessé. "On est tous les trois, mais il y a aussi mon frangin qui est blessé, qui devait être devant la télé, j’ai pensé à lui". L’année dernière aux Mondiaux, Bastien, avait terminé deuxième derrière Jean-Frédéric Chapuis. Un doublé qui préfigurait du meilleur. Mais ils étaient loin d'imaginer que l'aventure se terminerait à trois sur un podium olympique. 

Vidéo : la course du triplé français

Vidéo : les réactions du trio de médaillés