Changement d'entraîneur, sa santé, les difficultés de Pauline Ferrand-Prevot à l'approche des Jeux

Changement d'entraîneur, sa santé, les difficultés de Pauline Ferrand-Prevot à l'approche des Jeux

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La préparation de Pauline Ferrand-Prevot a pris une tournure compliquée. Entre le changement d'entraîneur et son corps qui ne la laisse pas tranquille, la cycliste tricolore navigue à vue à moins de deux mois du début des Jeux Olympiques. Au point que son rêve de doublé course sur route-VTT pourrait s'envoler.

Pauline Ferrand-Prévot avait fait des JO sa priorité pour 2016. Mais des soucis de santé sont passés par là et son rêve de décrocher l'or sur la route (le 7 août) et en VTT (le 20 août) a désormais du plomb dans l'aile. Sa participation aux Jeux n'est évidemment pas remise en cause mais son corps va peut-être l'obliger à choisir entre l'une des deux disciplines. Comment en est-on arrivé là? Un petit flashback s'impose. Cet hiver, la cycliste soigne ses maux. Sa double fracture du plateau tibial la force au repos. "Un mal pour un bien" selon elle qui a besoin de souffler. Au printemps, elle s'affiche pleine d'ambitions pour les JO : "J’ai envie de gagner, j’y vais pour performer, pour ramener le plus de médailles. Si je me suis engagée sur ces deux épreuves, c’est pour performer. Je ne vais pas à Rio en vacances ou pour délaisser une des deux disciplines", affirmait-elle lors de la présentation de la sélection de l'équipe de France de cyclisme sur piste.

Quelques mois plus tard, le sourire a disparu. Elle a dû gérer des dossiers personnels (elle est désormais en couple avec Julien Absalon, ndlr) et d'autres soucis de santé. Une allergie et une sciatique. Devant cette accumulation de contrariétés, elle a créé un electrochoc en changeant d'entraîneur. Yvan Clolus, l'entraîneur fédéral, qui l'a chapotait en vue des JO, n'est plus à ses côtés. Elle s'est tournée vers une vieille connaissance, Gérard Brocks, qui a été son entraîneur pendant cinq ans et qui s'occupe aujourd'hui de Julien Absalon.

Retrouver des sensations

Outre d'évidents avantages logistiques - le couple peut s'entraîner ensemble désormais - PFP a voulu se rassurer en se tournant vers quelque chose qu'elle connaît. "J'ai accumulé beaucoup d'heures de selle, ce que j'aime faire, mais je me suis rendue compte que ce n'était pas forcément la manière dont je voulais m'entraîner, a-t-elle analysé dans une interview pour le site vélo1010. Dans le même temps je n'avais jamais eu de sensations aussi mauvaises. Je me suis alors posé quelques questions. Et j'ai choisi de me tourner à nouveau vers Gérard Brocks, sachant qu'il me connaît bien. C'était mieux de faire confiance à quelqu'un comme lui quand on sait quel changement cela représente juste avant les Jeux Olympiques".

Lire aussi : l'interview de Pauline Ferrand-Prevot pour vélo101

Sa préparation physique a été forcément atteinte par ces aléas et aujourd'hui, Yvon Vauchez, le sélectionneur du VTT, estime dans L'Equipe du 15 juin "qu'elle a eu envie d'un temps de respiration par rapport à ses objectifs, une sorte de pause olympique". Le calendrier par bloc façonné par Clolus n'est plus en vigueur. Pour retrouver "la caisse", un point qui inquiète Vincent Jacquet, le DTN, et les sensations, la cycliste va multiplier les rendez-vous. "Je sais aujourd'hui qu'il faut que je cours, que je retrouve le rythme de la compétition, assure-t-elle pour Vélo101.com. C'est pourquoi je suis allée sur la Cyclo Valberg dimanche pour essayer de relancer la machine. Cette semaine, je dispute le Tour du Trentin avec mon équipe pour ensuite m'aligner, si tout va bien, sur les Championnats de France chrono et course en ligne à Vesoul. Je conclurai ma phase de préparation pour les Jeux par les Championnats du Monde de VTT à Nove Mesto le dimanche 3 juillet".

Quelle(s) course(s) aux JO?

Cette course contre-la-montre l'oblige aussi à envisager le pire : devoir choisir entre la route et le VTT. A l'annonce de sa sélection pour le VTT et la route à Rio, elle a communiqué sur sa page Facebook. "Je prends le temps de me soigner, mais dans tous les cas je serai honnête sur le fait d'y aller avec 100% de mes moyens. Si ce n'est pas le cas dans le mois qui arrive, je laisserai ma place", a-t-elle assuré. Si son corps l'obligeait à choisir, elle se tournerait sûrement vers le VTT où le résultat ne dépend que de soi.

La route est "plus aléatoire" où "généralement la plus forte s'impose" expliquait Yvan Clolus au printemps. Si elle devait faire ce choix, elle aura encore quelques semaines pour améliorer sa position sur la grille de départ fixé par le classement UCI (elle est 24e actuellement). Semaines qu'elle doit mettre à profit surtout pour chasser ses doutes qui lui empoisonnent sa préparation.

Rendez-vous dimanche dans Stade 2 pour découvrir le reportage de Nicolas Geay sur la préparation de Pauline Ferrand-Prevot

Benoit Jourdain @BenJourd1