Florent Manaudou, lors de la réunion de Nice.
Florent Manaudou | AFP

Championnats de France - "La guillotine" pour Manaudou et les Bleus

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"La guillotine": unique épreuve de sélection olympique, les Championnats de France de natation, à partir de mardi à Montpellier, sont une étape couperet, qui peut dévaster un nageur ou le sublimer avant le rendez-vous des JO, comme ce fut le cas pour Florent Manaudou en 2012.

La star des Bleus n'a pas oublié ses premières sélections olympiques, il y a 4 ans, à Dunkerque. Quatre mois plus tard, dans le bassin de Londres, il était sacré champion olympique sur 50 m libre, à la surprise générale. "Ca a été un moment décisif dans ma carrière. Ca a changé beaucoup de choses dans ma vie, pour 1/100e. J'ai eu la chance de battre "Fab" (NDLR: Fabien Gilot) d'un centième à Dunkerque, et derrière ça a super bien marché", se souvient-il. Mais ces sélections peuvent aussi parfois tourner au désastre.Tout le monde se souvient de la détresse du champion olympique 2008 sur 100 m libre, Alain Bernard, il y a 4 ans: grand favori, il échoue pourtant à se qualifier en individuel pour les JO de Londres, où il ne courra que le relai. "C'est hyper stressant comme compétition parce qu'on a rien à gagner, en fait. A part un ticket pour les Jeux, ce qui paraît normal pour 99% des spectateurs. On a beaucoup à perdre et pas grand chose à gagner", insiste Florent Manaudou, qui ne devrait pas être inquiété pour valider ses billets pour Rio, sur 50 m et 100 m libre.

"La compétition la plus dure notre vie"

Les Championnats de France octroient pendant une semaine les tickets pour les JO de Rio de Janeiro. Avec seulement deux places disponibles par épreuve et un chrono minimum exigé en finale, l'intensité sera extrême dans le bassin de l'Antigone. "Je pense que c'est la compétition la plus dure de notre vie. C'est la guillotine", résume Fabien Gilot, le capitaine des Bleus, qui devra tout donner pour tenter d'accrocher le 2e billet individuel sur 100 m, derrière l'ogre Manaudou. "C'est sûr que si on loupe cette compétition, l'année, voire pour certains la carrière s'achève. C'est vraiment un couperet et on a de la mauvaise pression. C'est une des compétitions les plus dures dans notre carrière", confirme Manaudou.

Le triple champion du monde 2015 a lui quasiment son billet en poche tant il domine et de loin le 50 m. Mais le Marseillais est tout de même sous pression: "C'est une année olympique et peut-être mes derniers Jeux. Tout le monde me voit vainqueur à Rio, mais ce n'est pas si simple que ça, j'ai envie de me prouver à moi-même que je peux nager vite". Problème: tous n'ont pas la marge exceptionnelle de Manaudou. "Les deux places individuelles, c'est costaud à prendre, j'ai eu la chance de les prendre lors des deux dernières +qualif+ olympiques, mais ça ne garantit pas cette année", dit Gilot.

"On ne marche pas, on flotte"

"On ne sait pas ce qu'il va y avoir après, on ne sait même pas comment le reste de la saison va être planifié. C'est presque un sujet tabou de la part des entraîneurs de vouloir aborder le reste de la +planif+, les stages, même les compètes", raconte Frédérick Bousquet qui, à 34 ans, prend part très certainement à ses derniers championnats de France. Lucide sur son infime chance d'avoir son "pass" pour Rio, le double champion d'Europe sur 50 m libre trépigne pourtant d'impatience. "J'ai hâte d'être la veille de la course, de préparer mon petit sac à dos avec mes combis, mon bonnet, mes lunettes. Vivre ça, c'est génial. Le jour de la course, on ne marche pas, on flotte, on voit des gens mais on ne les voit pas vraiment". Dimanche 3 avril, tous seront fixés sur leur sort. 

AFP