Brian Joubert
Le patineur français Brian Joubert est l'une des possibilités pour le CNOSF | AFP - ATTILA KISBENEDEK

Brian Joubert : "Je suis un outsider"

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Sans se placer lui-même parmi les favoris, Brian Joubert voit "une dizaine de patineurs" se battre pour le podium olympique en février à Sotchi dans un entretien à l'AFP jeudi soir.

Les récentes victoires des Japonais Hanyu, Machida et Takahashi, celle du Canadien Chan au Trophée Bompard ou le forfait du champion olympique en titre, l'Américain Evan Lysacek, laissent envisager une âpre bataille à Sotchi.

Brian Joubert : "Il est intéressant de noter, et on a déjà pu le remarquer aux derniers  Championnats du monde, que nous sommes une dizaine de patineurs à être potentiellement médaillables. Bien sûr, il y en a certains qui font partie des favoris, mais on n'a pas la sensation que le titre ou le podium soient déjà attribués. Tout le monde à sa chance."

Où vous situez-vous dans cette hiérarchie à 29 ans ? 

B.J : "Je ne ferai pas partie des favoris. Je serai plutôt parmi les outsiders. C'est une position qui n'est pas si mauvaise car j'aurai moins de  pression. C'est nettement plus facile pour créer la surprise. Je pense qu'un  podium est faisable. J'ai terminé deuxième de mes deux compétitions de rentrée (ndlr: les Championnats de France et une épreuve à Dortmund) et cela m'a montré dans quels domaines je devais m'améliorer."

On parle beaucoup du Canadien Patrick Chan, triple champion du monde en  titre, comme futur médaillé d'or. Cela vous agace-t-il ?

B.J : "Patrick est un très bon patineur. S'il fait bien son boulot il mérite d'être champion olympique. Mais il a été très souvent soutenu ces derniers temps, comme lors des derniers Championnats du monde où il fait quatre erreurs et chute à plusieurs reprises tout en conservant son titre. Cela dérange beaucoup de patineurs et de fédérations. Je le place néanmoins parmi les favoris avec l'ancien champion du monde Daisuke Takahashi qui a récemment remporté le Grand Prix NHK à Tokyo."

Pour être assuré d'une médaille faudra-t-il réussir trois quadruples sauts dans le libre ? Vous êtes un pionnier dans cette figure.

B.J : "Ce serait bien de pouvoir en faire trois en effet. Je ne pense pas que  Patrick Chan va en faire trois à Sotchi. Je pense qu'il va se limiter à deux. Mais moi cela me plairait de les passer. Il faut être frais physiquement. A ce moment-là on se pose moins de questions et on y va en lâchant le frein à main ! Cela demande une précision énorme. Je suis en fin de carrière et je pense qu'il faudra que je réalise un programme beaucoup plus difficile que celui des petits jeunes prometteurs. J'ai été le premier Européen à en réaliser trois lors de la Coupe de Russie en 2006 et je dois de nouveau y parvenir si je veux décrocher une médaille."

Vous avez fait appel au Russe Nicolai Morozov. Avec quels objectifs à  moins d'un mois des Championnats d'Europe à Budapest ?

B.J : "J'ai choisi le concerto pour guitare d'Aranjuez pour mon libre des jeux Olympiques. Morozov est un chorégraphe qui m'a déjà donné des conseils. Il veut m'aider et va me coentraîner avec Véronique Guyon, qui s'occupe de moi habituellement. Il aura pour tâche de me faire travailler la composition du programme, les transitions, l'aspect artistique principalement et même les petits pas. Je partirai le rejoindre près de Moscou après les fêtes de fin d'année. Il s'agit de ma dernière saison. Il faut tout tenter. Après on verra."

Vidéo : Joubert se prépare pour Sotchi depuis deux ans 

AFP