Tony Yoka, après son titre olympique
Le boxeur Tony Yoka, après son titre olympique en finale des super lourds à Rio | Frank Franklin II/AP/SIPA

Boxe : Yoka bonito !

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Tony Yoka est devenu, dimanche, champion olympique des super lourds (+91kg) en battant le Britannique Joseph Joyce, rejoignant sa future épouse, Estelle Mossely, sacrée elle, deux jours plus tôt. L’artiste, comme on le surnomme, en s’appuyant sur une défense de fer, a une nouvelle fois démontré toute la palette de sa boxe au pays du joga bonito.

Il lui avait promis. "Je te ramènerai la médaille", soufflait Tony à Estelle, juste après sa victoire en finale sur la chinoise Junhua Yin dans la catégorie des poids légers (57-60kg). Et le Français a tenu parole. À aucun moment il n’a faibli face à un Britannique aux faux airs de Mohamed Ali et à la carrure impressionnante.

Il est 15h30. Dans les gradins, ça trépigne. D’un côté, cette magnifique équipe de France de boxe, plus grosse pourvoyeuse de médailles de ces Jeux avec ses six breloques rapportées. De l’autre, les supporters des Bleus, avec au milieu, le porte-drapeau de la délégation, Teddy Riner, qui assistait déjà à la demi-finale de Tony vendredi.

Une défense en or

Soudain, le silence se fait. Une musique tapageuse est lancée. Les deux boxeurs font leur entrée dans l’arène. C’est d’abord un Tony Yoka sautillant et déterminé qui s’y présente, suivi d’un Joseph Joyce au calme implacable. Il faut le reconnaître, il en impose.


Déjà, les "Tony, Tony" descendent des gradins. On aperçoit, sur le grand écran surplombant le ring, Estelle Mossely s’époumoner. Le combat est lancé. Tony Yoka, la garde haute, se rapproche de son adversaire, le colle, décide de parer les coups plutôt que de les éviter et riposte par petite touche. Une stratégie surprenante quand on connaît la rapidité et la tonicité du Français virevoltant. Mais une stratégie qu’il n’abandonnera pas et qui paiera.

"Il a appliqué ce que l’on s’était dit avant le match. Réduire la distance et être au plus près de son adversaire pour l’empêcher de toucher", explique Kevinn Rabaud, directeur technique national. Et le Français de remporter les trois rounds sans être jamais véritablement menacé. Il se permettra même un insolent jeu de jambe, suivi d’une petite provocation quelques secondes avant le gong. Comme si l’esprit d’Ali n’était pas dans le corps de celui qui lui ressemblait le plus.
 

"La chute n’est pas un échec"

La décision unanime des juges tombe. Yoka apporte le premier titre olympique de la boxe française dans la catégorie reine. Sa compagne se rue sur son champion, l’enlaçant du drapeau Français.

A photo posted by @francetvsport on Aug 21, 2016 at 11:54am PDT

Boris Courret