Bogdana Matsotska renonce aux Jeux

Bogdana Matsotska renonce aux Jeux

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Quelques heures après avoir annoncé son retrait des Jeux de Sotchi, la skieuse urkrainienne Bogdana Matsotska, a expliqué que cette décision lui avait été dictée par sa conscience: "notre président a décidé de tuer des gens. Après ce que j'ai vu et entendu, et parce que ma famille et mes amis sont là-bas, sur la place de l'Indépendance, je ne peux plus skier à Sotchi", a-t-elle déclaré dans une interview à France Télévisions.

Agée de 24 ans, la skieuse devait participer vendredi à la finale du slalom féminin. Scandalisée par les violences qui ont fait près de 70 morts à Kiev en trois jours, elle s'est retirée pour protester contre le régime du président Ianoukovitch. Un choix fait en commun avec son père et entraîneur, Oleg Matsotski. "Je me sens vraiment mal, parce que je me suis entraînée pendant quatre ans pour ces Jeux, et que le slalom est ma discipline préférée. Mais ce que m'a dicté ma conscience a été plus fort", dit la jeune femme, constamment interrompue par des appels de journalistes, et d'amis restés à Kiev qui lui donnent des nouvelles des troubles, en train de s'étendre à tout le pays.

Derrière elle, la piste déserte où elle aurait dû prendre le départ de sa dernière course des Jeux.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, au plus fort des violences, nous n'avons pas pu fermer l'oeil de la nuit. J'étais sur internet, j'échangeais constamment des messages avec mes amis. L'un d'entre eux a été blessé, mais heureusement il va mieux", poursuit-elle. Ma mère reste à la maison, devant la télévision, mais mes cousins et mes amis essaient de faire quelque chose. Ils veulent que notre pays change en bien", dit encore Bogdana.

Pas de pressions sur elle

Se sent-elle isolée dans son choix de renoncer aux Jeux, alors que la plupart des athlètes ukrainiens encore présents à Sotchi -- une douzaine sur 43 au début des Jeux -- ont semble-t-il préféré finir les Jeux ? "Je respecte leur point de vue, ils respectent le mien", dit-elle, assurant que le Comité Olympique ukrainien, présidé par Serguei Bubka, n'a pour sa part pas exercé de pressions sur elle. Son père et elle tentent de regagner Kiev, mais les avions sont complets. "Il faudra probablement qu'on attende la fin des Jeux, dit-elle en soupirant. Mais dès que je serai rentrée, si mes parents le veulent bien, j'essaierai de me rendre sur Maîdan, la place où sont retranchés les manifestants qui dénoncent le régime depuis trois mois.

La skieuse, originaire de la ville de Kossiv (ouest), un bastion anti-Ianoukovitch, s'était classée 27e du Super-G et 43e du Slalom Géant. Son père a annoncé la décision de retrait de sa fille sur son compte Facebook. Nous sommes tous deux "outrés" par le refus du régime de privilégier le dialogue avec les manifestants, a-t-il écrit. Jeudi soir, le père et la fille étaient encore les seuls membres de la délégation ukrainienne à avoir ouvertement annoncé leur retrait des Jeux.

Vidéo : Des athlètes ukrainiens quittent les Jeux

David Botbol