Londres 2012
Quelles retombées économiques pour Londres ? | JOHANNES EISELE - AFP

Bilan économique mitigé pour Londres 2012

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Les organisateurs des Jeux Olympiques de Londres ne vont pas pouvoir savourer tranquillement la réussite de la quinzaine. Pour le moment épargné par la pluie de médailles britanniques (35 au total), le Locog, organisation maitresse de l'organisation, va devoir répondre à des questions embarrassantes. Au premier rang desquelles, la question du bilan économique de ces Jeux.

Le bilan économique des Jeux

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Facture salée

Malgré la promesse gouvernementale de Jeux "prêts en temps et en heure et conformes au budget prévu", le coût de la quinzaine a été multiplié par quatre par rapport au budget prévisionnel (3,4 milliards pour 11,5 au final). Les Londoniens se réveillent avec une lourde facture sur les épaules. De plus, la chaîne Sky a évalué à 30 milliards le coût de la remise à niveau du réseau des transports en commun ! Aujourd'hui, les organisateurs balaient les critiques qui remettent en cause les effets à long terme des événements sportifs planétaires. Le gouvernement assure que les JO permettront un bénéfice de 16,5 milliards d'Euros au cours des prochaines années, sous entendant qu'ils rapporteront plus qu'ils n'ont coûté.

Bulle (économique) olympique

Pour les économistes, les JO devraient permettre de connaître une rapide croissance pendant trois mois, mais l'effet va ensuite disparaître et il est difficile de prédire l'impact olympique à plus long terme. "Nous passons tous un bon moment, mais comme après chaque lendemain de fête, on aura la gueule de bois", estime Georgios Kavetsos de la London School of Economics (LES). C'est-à-dire que les Jeux Olympiques ont créé une bulle économique qui va peu à peu retomber pour replonger Londres dans une économie "ordinaire". Du côté des commerçants londoniens, la quinzaine n'a d'ailleurs pas été si extraordinaire que ça. Nombreux se sont ainsi plaints de voir partir les touristes du cœur de Londres et les chiffres d'affaires n'ont pas (tous) été dopés par les Jeux. Pour l'heure, les Britanniques ne parlent que de sport ou presque, le Royaume savourant ses plus beaux JO depuis plus d'un siècle. La cérémonie de clôture a néanmoins mis fin à sept années de préparation dans l'austérité. Mais Londres a réussi à se doter d'une image de ville en mouvement: "Londres s'est montrée très professionnelle, et sous son meilleur jour, sur la scène mondiale" analyse Sara Parker, directrice à Londres du groupe de pression CBI Business.

Réussir ses après-Jeux

A l'heure du bilan, si les organisateurs se tournent vers le passé pour voir l'avenir, il y a de quoi avoir peur. De nombreuses villes organisatrices des Jeux ont souffert de l'impact économique d'un tel événement. Montréal, ville hôte en 1976, a mis plus de 30 ans à rembourser une dette d'un milliards d'Euros. A Athènes, les habitants savent que les JO de 2004 ont aggravé la situation économique. Tout simplement, les Jeux ne sont pas rentables à tous les coups. C'est la raison pour laquelle Rome, candidate pour 2020, a retiré sa candidature. Malgré tout, il existe des exemples rassurants. Barcelone a parfaitement su se servir de son édition 1992 pour redonner un coup de fouet à la ville en misant sur la rénovation de certains quartiers. Hasard ou coïncidence, Londres a fait le même pari. La réhabilitation de Stratford, où a été installé le village olympique, est une réussite. Le quartier, auparavant vu comme isolé et très pauvres, peut désormais se targuer d'abriter le plus grand centre commercial d'Europe et d'être enfin relié au centre de Londres. De quoi rééquilibrer la ville et donner de nouvelles perspectives aux politiques locales et régionales.

La crise économique mondiale n'a pas aidé les organisateurs des JO de Londres. Faisant monter le coût des matières premières, elle a, en partie, fait exploser le budget prévisionnel. Londres va devoir prier pour que les retombées économiques espérées se matérialisent bel et bien.