Beatrix, le 3e homme

Beatrix, le 3e homme

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Si la France du biathlon s'est évidemment focalisée sur la médaille d'or de Martin Fourcade, celle de bronze de Jean-Guillaume Beatrix est loin de n'être qu'anecdotique. Elle récompense aussi la montée en puissance du Rhônalpin qui, à près de 26 ans, et bien qu'évoluant dans l'ombre du champion, ne cesse de progresser régulièrement. Cette 3e place olympique, au terme d'une course parfaitement maîtrisée,est la concrétisation de tous les efforts consentis

Jean-Guillaume Béatrix était sur un nuage, depuis le 19 janvier, date à laquelle il a remporté le relais d'Antholz avec Martin et Simon et surtout week-end au cours duquel il a terminé 2e de la poursuite: "j'ai la forme sur les skis, je me fais plaisir!".  C'est vrai qu'on l'attendait moins que Fourcade, mais Beatrix n'a pas manqué sa course. Sa remontée fantastique a même témoigné d'une véritable confiance, pour ce garçon membre de base de l'équipe de France de biathlon, compagnon des meilleurs trop souvent mal récompensé de ses efforts.

Parti 14e à 39 secondes de Bjoerndalen, Béatrix n'a lui aussi fait qu'une faute et skié comme un démon pour croire en son rêve. "Je partais pour faire un Top 10 comme pour une Coupe du monde, et avec  l'idée de saisir une opportunité si elle se présentait. Ce n'est qu'au dernier  pas de tir que j'ai compris que c'était possible", a-t--il souligné. Derrière lui, le patriarche Bjoerndalen est venu s'échouer à 1 sec 7/10e de  ses spatules, ratant ainsi l'occasion de rafler une 13e breloque olympique, un  record pour les JO d'hiver.

Dernière ligne droite face à Bjorndalen

"J’en avais gardé pour le sprint, la première portion de piste est montante avec de gros dénivelés,j'ai  réussi à conserver mon écart, même si j'ai eu un peu de soucis dans la dernière portion qui descend sur le stade, je suis pas un très bon descendeur, mais quand on a quelqu'un en point de mire dans les descentes, on revient souvent. J'ai gardé ce qu’il fallait pour faire un sprint au cas, surtout que je savais qu’il ne lâcherait pas. Mais c’est sur que c’est toujours mieux de battre Bjordalen sur un finish" a ajouté Beatrix qui a réussi une dernière ligne droite très maîtrisée. "Je suis très content...J'usqu'au dernier tir, il n'y avait pas beaucoup d'opportunité pour revenir...Ensuite, j'arrive en 9e – 10e position sur le dernier tir, j’ai vu les autres tourner après ce dernier tir donc j'ai compris qu'il y avait une possibilité d’aller chercher la médaille. Il a fallu la conserver sur la piste, pas baisser les bras et pas se relâcher avant d’avoir franchi la ligne..."

Christian Grégoire