Baugé, l'or en bout de piste

Baugé, l'or en bout de piste

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Grégory Baugé a récupéré "son" troisième titre mondial, après en avoir perdu un en raison de manquements administratifs au contrôle antidopage. A moins de 100 jours, il n'a jamais été aussi prêt de l'or olympique, son unique objectif.

Le 7 avril dernier, Grégory Baugé retrouve en finale des championnats du monde de vitesse à Melbourne, Jason Kenny. Le Britannique a récupéré le titre mondial gagné en 2011 à Apeldoorn par le Guadeloupéen dont ce dernier avait été déchu pour n'avoir pas souscrit aux règles des contrôles antidopage. Résultat, une victoire nette et sans bavure en deux manches, la deuxième après disqualification de l'Anglais. Dix jours après on retrouve le triple champion du monde de vitesse individuel à Paris, à la maison des Sports où l'olympisme français s'est donné rendez-vous à 100 jours des Jeux. "Ca va… malgré les courbatures, car j'ai repris l'entraînement", explique le pistard. Il semble serein et en paix avec les évènements récents qui ont émaillé les derniers mois. "Il n'y a rien à régler, je sais où je vais, tout simplement", lance-t-il avec détachement.

La route est donc tracée vers Londres. Déjà en Australie, au moment de recevoir la médaille d'or, il savait que ce n'était pas l'aboutissement de sa saison. "Ce n'est pas l'objectif de l'année. Comme je l'ai toujours dit, en 2012, c'est quand même les Jeux Olympiques qui sont les plus importants", assurait-il. Le discours n'a pas changé depuis, encore moins alors que le compteur qui le sépare du début des jeux est passé, depuis mercredi, sous la barre symbolique des cent jours."Je ne vois que l'or olympique, c'est ce qui me fait avancer. Je ne pense pas au reste. On verra bien ce qui se passera, mais dans ma tête je ne pense pas à l'échec", déclare-t-il. Si en individuel le titre lui semble promis au vu des quatre dernières années, il n'oublie pas la course par équipe. "On a nos chances", commente-t-il.

"Pas de raison"

Entre le passage devant les photographes, les différentes interviews aux nombreux médias présents lors de cette journée, l'après-midi a été chargé. Mais il commence à avoir l'habitude. Depuis sa médaille d'argent par équipe à Pékin, il a dominé sa discipline (titre mondial en 2009, 2010 et 2012) et s'est habitué aux sollicitations. Avec son entraîneur Florian Rousseau (double champion olympique en 1996 et 2000), le duo tourne parfaitement. Pourquoi changer une équipe qui gagne? "Cela fait quatre ans que ça fonctionne bien, ce n'est pas le moment. Il faudra juste faire attention à ne pas tomber malade, éviter les blessures et les chutes", précise-t-il. L'homme est serein, l'athlète "ne doute pas". "Rien ne peut me faire douter, je bosse pour quelque chose", rappelle-t-il.

Même pas la pression? Lui qui sait que tout autre métal que l'or serait une déception. "Je ne la sens pas, et même si je la ressentais, je pense que je saurai la gérer. Ce seront mes troisièmes Jeux, je connais", avant d'ajouter, "je sais que je suis attendu, mais ça fait quatre ans, que chaque année je suis attendu", sourit-il. "Si je ne fais pas ce que je sais faire, ça va être compliqué pour moi, mais il n'y a pas de raison que ça se passe autrement que depuis quatre ans", conclut-il. Serein, mais déterminé.

Benoît Jourdain

Grégory Jouin @GregoryJouin